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[Vol. 5.]
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B A Y J. K N.

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virent les bagages à pied, maigres, pâles, faisant pitié à voir. Juillet 1808.La chaleur n’avait jamais été plus étouffante ; elle passait 40degrés. Les plus vieux Espagnols ne se rappelaient pas enavoir éprouvé de pareille. Le soir donc on partit accablé parla chaleur de la journée, hommes et chevaux respirant à peine,et se mouvant dans une atmosphère de feu, quoique le soleileût disparu de l’horizon. L’armée n’avait pas eu sa ration en-tière. Le soldat se mettait en route ayant faim, ayant soif, etfort attristé par une retraite qui ne dénotait pas que les affai-res fussent en bonne situation.

Il fallait bien veiller à ses derrières, car le général Castanos,mieux servi que le général Dupont, pouvait recevoir d’An-dujar même l’avis de la retraite des Français, et se mettre àleur poursuite. Aussi le général Dupont ne plaça-t-il en tètede ses bagages qu’une brigade d’infanterie, la brigade Chaberl,celle qui était en arrière et à droite du pont; cette brigadese trouvait la moins rapprochée de l’ennemi, et son départdevait être moins remarqué. Elle s’écoula silencieusement, dedroite à gauche, par derrière Andujar, et forma la tête de lacolonne. Elle se composait de trois bataillons de la quatrièmelégion de réserve et d’un bataillon suisse-français ( régimentFreuler), régiment sûr, parce qu’il était depuis long-tempsau service de France. Une batterie de six pièces de 4 et unescadron accompagnaient cette brigade, forte d’environ 2,800hommes. Puis venaient les bagages, couvrant deux à troislieues de terrain. Les Suisses-Espagnols (régiments de Preuxet Reding) marchaient après les bagages, réduits par la déser-tion à environ 1,600. Ils étaient suivis de la brigade Pannetier,composée de deux bataillons de la troisième légion de réserve,et de deux bataillons de la garde de Paris, formant 2,800hommes environ. Enfin la cavalerie, consistant en deux ré-giments de dragons, deux de chasseurs et un escadron docuirassiers, réduite de 2,400 cavaliers à 1,800, fermait lamarche avec les marins de la garde et le reste de l’artillerie.