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LIVRE XXXI.
Juillet 1808.
Arrivéevers trois heu-res du matin,te 19,
sur les bordsdu Rumblar.
Au lieudes Français,ce sontles Espagnolsque
l'on rencontreen avantde Baylen.
Ce corps d’armée, qui était de plus de 10 mille Français et2,400 Suisses en partant de Tolède, de 8,600 Français et 2mille Suisses en quittant Cordoue, ne comptait guère, ensortant d’Andujar, que 7,800 Français et 1,600 Suisses, entout 9,400 hommes. Outre leur petit nombre, ils étaient coupéspar les bagages en deux masses, dont l’une, celle qui marchaiten tête, était de beaucoup la plus faible, et celle qui formaitl’arrière-garde de beaucoup la plus forte par le nombre et laqualité des troupes. Le général, comme on vient de le voir,l’avait réglé ainsi, parce que, craignant d’être poursuivi, ilvoyait le danger en arrière et non en avant.
On chemina toute la nuit au milieu de cette chaleur qu’au-cun souffle d’air ne vint diminuer, et à travers un nuage depoussière soulevé par les colonnes en marche. Les chevaux,épuisés, ruisselant de sueur, n’avalaient que de la poussièreau lieu d’air quand ils respiraient. Jamais plus triste nuit neprécéda un jour plus affreux.
Vers trois heures, on atteignit les bords du Rumblar. Cetorrent, quand il contient des eaux, les roule entre des ro-chers escarpés, et dans un ravin profond. Un petit pont jetésur son lit conduit d’un bord à l’autre. Les soldats en arrivantvoulurent s’y désaltérer, mais il était complètement desséché.Il fallut continuer. Le pont franchi, la route s’élève à traversdes hauteurs couvertes d’oliviers. C’est là que se tenaient or-dinairement les avant-postes de la division française chargéede garder Baylen, qui n’est qu’à trois quarts de lieue du Rum-blar (voir la carte n° 44). Au lieu des avant-postes du généralVedel, on aperçut, à la clarté du jour qui commençait à luire,des postes espagnols, et on reçut une décharge de mousque-terie. Sur-le-champ l’avant-garde du général Chabert se miten défense, et riposta au feu de l’ennemi. La route, encaisséeentre des hauteurs, était barrée par plusieurs bataillons es-pagnols rangés en colonne serrée. Si ces bataillons avaientdéfendu les bords du Rumblar, nous n’aurions certainement