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LIVRE XXXI.
Juillet 1808.
Arrivéesubite surles derrièresde l’arméedes troupesdu généralCastunos.
Le généralDupont,réduit
au désespoir,se décide àtraiter avecl’ennemi.
Bien qu’à côté d’eux les Suisses-Français de Freuler se bat-tent avec une rare fidélité, ils ne résistent ni au chagrin ni àla mauvaise fortune, et, malgré les efforts de leurs officiers,ils désertent presque tous. En quelques instants, 1,600 hommesquittent ce champ de bataille, où nous sommes déjà si peunombreux. 11 ne reste pas en effet 3 mille hommes debout surce terrain, de 9 mille qu’on y voyait le matin. Dix-huit cents,abattus par le feu, sont morts ou blessés ; seize cents ontpassé à l’ennemi. Deux ou trois mille autres, exténués de fa-tigue , abattus par la chaleur et la dyssenterie, se sont laisséstomber à terre en y jetant leurs armes. Le désespoir est danstoutes les âmes. Le général Dupont parcourt les rangs désertsde son armée, et ne trouve sur tous les visages que la dou-leur dont il est lui-même dévoré. Il s’attache toutefois à unedernière espérance, et il prête l’oreille pour entendre le canondu général Vedel. Mais il écoute en vain! Sur cette plainebrûlante et ensanglantée, aucun bruit ne retentit, que celuide quelques coups de fusil isolés; car, de l’un comme de l’au-tre côté, on a cessé de combattre. Tout à coup cependant desdétonations d’artillerie interrompent le morne silence qui com-mence à régner. Nouveau sujet de désespoir ! on entend cesdétonations non pas à gauche, mais en arrière, c’est-à-direau pont du Rumblar ! En effet, le général Castanos, averti àdeux ou trois heures du malin de l’évacuation d'Àndujar parles Français, a sur-le-champ envoyé à leur poursuite tout cequ’il lui restait de troupes, sous les ordres du général de laPena, et celui-ci, d’après un signal convenu, annonce sonapproche au général Reding par quelques décharges d’artil-lerie. Dès lors tout est perdu : les trois mille homme restésdans les rangs, les trois ou quatre mille dispersés dans lacampagne, les blessés, les malades, tout va être massacréentre les deux armées du général Reding et du général de laPena, qui doivent s’élever à trente mille hommes environ.A cette idée, la douleur du général Dupont est au comble, et