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LIVRE XXXI.
Juillet 1808.
Marcheet lenteursdu généralVeilel pendantle bataillede Baylen.
est chargé d’aller sur la roule d’Andujar à la rencontre du gé-néral Caslanos, pour lui faire ratifier la trêve consentie parses lieutenants. L’infortuné général Dupont, jusque-là si bril-lant, si heureux, rentre dans sa tente, accablé de peines mo-rales qui le rendent presque insensible aux peines physiquesde deux blessures douloureuses. Ainsi va la fortune, à laguerre, comme dans la politique, comme partout en ce monde,monde agité, théâtre changeant, où le bonheur et le malheurs’enchaînent, se succèdent, s’effacent, ne laissant, après unelongue suite de sensations contraires, que néant et misère !Trois ans auparavant, sur les bords du Danube, ce mêmegénéral Dupont, arrivant à perte d’haleine au secours du ma-réchal Mortier, le sauvait à Diernstein. Mais autres temps,autres lieux, autre esprit ! C’était en décembre et au nord ;c’étaient de vieux soldats, pleins de santé et de vigueur, ex-cités par un climat rigoureux, au lieu d’être abattus par unclimat énervant, habitués à toutes les vicissitudes de la guerre,exaltés par l’honneur, n’hésitant jamais entre mourir ou serendre i Ceux-là, si leur position devenait mauvaise un mo-ment, on avait le temps d’accourir à leur aide et de les sau-ver ! Et puis la fortune souriait encore, et réparait tout : per-sonne n’arrivait tard, personne ne se trompait! ou bien, sil’un se trompait, l’autre corrigeait sa faute. Ici, dans celteEspagne où l’on était si mal entré, on était jeune, faible, ma-lade, accablé par le climat, nouveau à la souffrance ! On com-mençait à n’étre plus heureux, et si l’un se trompait, l’autreaggravait sa faute. Dupont était venu au secours de Mortier àDiernstein : Vedel n’allait venir au secours de Dupont quelorsqu’il ne serait plus temps !
Que faisait donc, dirons-nous encore, que faisait le généralVedel, qui, se trouvant à quelques lieues avec deux divisionsdont une seule aurait changé le sort de cette fatale journée,ne paraissait pas? Il s’était trompé deux fois, et il se trompaitune troisième. Parti le 17 au soir de Baylen, parvenu dans