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[Vol. 5.]
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LIVRE XXXI.

juillet 1808. vient résonner jusqu’au fond des gorges de la Sierra-Morena.

Ce canon, suivant eux, ne peut être que celui du général enchef aux prises avec les Espagnols, car il n’y a que lui restésur les bords du Guadalquivir. Cependant comment est-ilpossible que lui, qu’on a laissé avec les Espagnols à Andujar,fasse entendre son canon dans une position qui doit être cellede Baylen? On l’ignore; mais il est certain qu’on entend lesdétonations répétées de l’artillerie, et 'le précepte vulgaire demarcher au canon, toujours invoqué, tant de fois méconnu,ne permet pas d’hésiter. En partant sur-le-champ avec lafraîcheur du matin, on peut, en hâtant le pas, arriver à tempspour porter à l’ennemi des coups décisifs. Le général Yedel,si prompt à prendre son parti dans les journées du 16 et du17, se montre cette fois d’une indécision inexplicable. Il perddeux heures à rallier sa colonne, et ne part qu’à cinq heures.La chaleur est déjà grande; les troupes marchant en colonnesrapprochées, à cause du voisinage de l’ennemi, soulèvent unepoussière qui les étouffe. A chaque cavité de rocher où couleun peu d’eau, elles se débandent pour se rafraîchir. Elles neparviennent ainsi que vers onze heures à Guarroman, moitiéchemin de la Caroline à Baylen. A ce moment, le combat ra-lenti à Baylen faisait beaucoup moins retentir les échos. Toute-fois, on entendait encore les éclats du canon, tantôt distincts,tantôt plus vagues, suivant la direction du vent.

Le général Yedel, sans mauvaise intention, car il était, aucontraire, profondément dévoué à l’honneur des armes fran-çaises, mais par un aveuglement semblable à celui qui avaitpersuadé au général Dupont que le danger n’était qu’à An-dujar, s’obstine à douter, et à croire que ce qu’on entend n’estqu’un combat d’avant-postes sur les bords du Guadalquivir.Il veut surtout ne pas revenir à Baylen sans avoir complète-ment exploré les gorges, et s’être assuré que l’ennemi n’estpoint dans la traverse de Linarès, qui aboutit juste à Guarro-man, et il y envoie une reconnaissance de cavalerie. On gagne