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LIVRE XXXT.
Juillet 1808.
CommencementJe retraitedu généralYcdel.
Fureur
des Espagnolsen apprenantla retraitede la divisionVedel,
Le capitaine Baste partit à l’instant même pour le camp dugénéral Vedel, placé entre Baylen et la Caroline, et lui ap-porta , avec le triste résultat des conférences d’Andujar, l’au-torisation de se retirer sur Madrid. Sans perdre une minute,le général Vedel donna les ordres de départ, et dans la nuitmême toutes ses troupes se mirent en mouvement avec cel-les du général Dufour. Par suite des continuelles allées et ve-nues des deux divisions, on avait eu cinq ou six cents éclo-pés au moins. On avait eu quelques blessés au combat deMenjibar, et il fallait laisser en arrière sept ou huit cents hom-mes destinés au massacre. Ce fut une grande douleur quede se séparer d’eux, mais telle est la guerre ! Le salut de tous,constamment placé au-dessus du salut de quelques-uns, en-durcit les cœurs, ou les dispose du moins à une continuellerésignation au malheur les uns des autres. On abandonna cesinfortunés camarades dans les villages qui bordent la route,et on prit avec une incroyable précipitation le chemin de Ma-drid. Le lendemain 21, à la pointe du jour, on était à la Ca-roline, et malgré la chaleur du jour on poussa jusqu’à Sainte-Hélène.
Quelques heures après le départ de la colonne, on en étaitinformé à Baylen, soit au camp du général Reding, soit aucamp du général de la Peîia. Ce furent alors des cris de can-nibales chez les Espagnols. On prétendit que les Françaisétaient infidèles à la trêve; accusation fort peu fondée, carrien n’empêchait la division Vedel, placée hors d’atteinte, dese mouvoir, et les Espagnols d’ailleurs ne s’imposaient pas àeux-mêmes cette immobilité, puisqu’ils avaient depuis trente-six heures sans cesse manœuvré autour de la division Barbou,pour l’investir plus complètement; ce qui constituait vérita-blement une infraction à la trêve, dont les Français ne s’é-taient ni plaints ni vengés, faute des moyens de se faire res-pecter dans leur malheur. Mais aucune raison, aucun senti-ment de justice ne restaient à ces furieux, devenus vainqueurs