B A YI. E N.
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par hasard. Ils criaient tous qu’il fallait exterminer la divisionBarbou tout entière. Ils oubliaient que six mille Français pous-sés à bout étaient capables de sortir d’un abattement momen-tané par un noble désespoir, et de leur passer sur le corps.Peut-être doit-on regretter qu’ils n’aient pas écouté alors jus-qu’au bout leur barbarie, et qu’ils n’aient pas fait naître cenoble désespoir, qui, en relevant les courages, aurait toutsauvé. Quoi qu’il en soit, de nombreux officiers coururent àAndujar porter la nouvelle du départ des divisions Vedel etDufour, et annoncer l’exaspération de l’armée espagnole. Sur-le-champ les négociateurs espagnols, se faisant les organesdes fureurs d’une ignoble populace militaire, déclarèrent qu’oninfligerait à la division Barbou les plus terribles traitements,si les divisions Yedel et Dufour ne rentraient pas dans leurpremière position. La réponse était facile, car que pouvait-onde plus contre la division Barbou que de la faire prisonnière?Menacer de l’égorger était une infamie, et il fallait répondreà ceux qui osaient proférer une pareille menace comme onrépond à des assassins. Mais il n’y avait pas là le héros deGênes, l’inébranlable Masséna. On courut auprès du malheu-reux Dupont, on l’accabla de nouvelles instances, on lui ditqu’il allait faire massacrer sa fidèle division Barbou, celle quis’était bravement battue à ses côtés, et cela pour sauver deux•y divisions, cause véritable de la perte de l’armée ; ce qui, dureste, était vrai quant à ces dernières. Alors, cédant encoreune fois, il envoya un contre-ordre formel au général Vedel.
Le contre-ordre arrivé, ce fut un soulèvement unanimedans la division Vedel, qui voulut continuer la marche surMadrid. Il fallut dépêcher après elle un nouvel officier, chargéde rendre le général Vedel responsable de toutes les consé-quences, s’il persistait à se retirer. Le général Vedel assem-bla alors ses officiers, leur fit part de cette situation, alléguale danger dans lequel ils allaient placer leurs frères d’armes,et les amena à se rendre. La troupe, moins docile, ne voulait
Juillet 1808.
Sur
les instancesde
ses officiers,le généralDupont envoieun
contre-ordreà la divisionVedel,