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LIVRE XXXI.

Juillet 1808.

Retourà lîaylenJe la divisionVedel.

Desespoirdu généralDuponten signantla capitulationde Baylen.

Horriblessouffrancesde l'armeependantles

négociations.

On finitpar lui accor-der quelquesvivres.

Honorableconduitedu généralCastanos.

pas accéder à ces propositions, et, dans un pays où les hom-mes isolés n’auraient pas été égorgés, elle aurait déserté pres-que tout entière. En Espagne il fallait ne pas se séparer lesuns des autres, et agir tous en commun. On se soumit donc,et on retourna de Sainte-Hélène à la Caroline, de la Carolineà Guarroman, résigné à partager le sort de la division Barbou.

Enfin, le 22, fut apportée d’Andujar à Baylen la funestecapitulation au général Dupont. Plusieurs fois il hésita avantde la signer. Le malheureux se frappait le front, rejetait laplume; puis, pressé par ces hommes qui avaient été tous sibraves au feu, et qui étaient si faibles hors du feu, il inscrivitson nom naguère si glorieux au bas de cet acte, qui devaitêtre pour lui l’éternel supplice de sa vie. Que n’était-il mortà Albeck, à Halle, à Friedland, même à Baylen I Combien nele regretta-t-il pas plus tard devant les juges qui le frappè-rent d’une condamnation flétrissante !

La faim avait été le triste allié des Espagnols dans celtecruelle négociation. Tandis qu’on tenait la division Barboubloquée, on n’avait pas voulu lui donner un morceau de pain,et depuis le 18 au soir nos pauvres soldats n’avaient pas reçude distribution. Ils ne s’étaient soutenus qu’avec quelquesrestes de ration, et le 22 il s’en trouvait beaucoup parmi euxqui n’avaient rien mangé depuis trois jours. Ils étaient sousdes oliviers, mourants de faim, haletants, n’ayant pas mêmeun peu d’eau pour étancher leur soif.

La capitulation signée, le général Castanos consentit à leuraccorder des vivres. Il pouvait être humain, car la fortunevenait de lui préparer un assez beau triomphe pour qu’il fûtgénéreux, comme on l’est quand le cœur est satisfait. Du resteil se montra digne d’un triomphe dû au hasard plus qu’à lavaleur et au génie, par une véritable humanité, une modestieparfaite, et une conduite qui dénotait une remarquable sa-gesse. Il dit à nos officiers avec la franchise la plus honora-ble : « De la Cuesta, Blake et moi n’étions pas d’avis de l’in-