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[Vol. 5.]
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BAYLEN.

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» surrection. Nous avons cédé à un mouvement national. Mais» ce mouvement est si unanime qu’il acquiert des chances de» succès. Que Napoléon n’insiste pas sur une conquête im-» possible ; qu’il ne nous oblige pas à nous jeter dans les bras«des Anglais qui nous sont odieux, et dont jusqu’ici nous» avons repoussé le secours. Qu’il nous rende notre roi, en» exigeant des conditions qui le satisfassent, et les deux na-» tions seront à jamais réconciliées. » —

Le lendemain nos soldats défilèrent devant l’armée espa-gnole. Leur cœur était navré. Ils étaient trop jeunes pourpouvoir comparer leur abaissement actuel à leurs triomphespassés. Mais il y avait dans le nombre des officiers qui avaientvu défiler devant eux les Autrichiens de Mêlas et de Mack,les Prussiens de Hohenlohe et de B1 ficher, et ils étaient dé-vorés de honte. Les divisions Vedel et Dufour ne remirentpas leurs armes, qu’elles durent cependant déposer plus tard,mais la division Barbou subit cette humiliation, et en ce mo-ment elle regretta de ne s’étre pas fait tuer jusqu’au der-nier homme.

On achemina immédiatement les troupes françaises en deuxcolonnes vers San-Lucar et Rota, où elles devaient être em-barquées pour la France sur des bâtiments espagnols. Onleur fit éviter les deux grandes villes de Cordoue et Séville,afin de les soustraire aux fureurs populaires, et on les dirigeapar les villes moins importantes de Bujalance, Ecija, Carmona,Alcala, Utrera, Lebrija. Dans toutes ces localités la conduitedu peuple espagnol fut atroce. Ces malheureux Français, quis’étaient comportés en braves gens, qui avaient fait la guerresans cruauté, qui avaient souffert sans se venger le massacrede leurs malades et de leurs blessés, étaient poursuivis àcoups de pierres, souvent à coups de couteau, par les hommes,les femmes et les enfants. A Carmona, à Ecija, les femmesleur crachaient à la figure, les enfants leur jetaient de la boue.Ils frémissaient, et quoique désarmés, ils furent plus d’une

TOM. ix. \ 0

Juillet 1808.

L’arméefrançaise défi-lant devantl’arméeespagnole.

Atroceconduitedu peupleespagnolà l'égard desFrançais.