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[Vol. 5.]
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LIVRE XXXI.

Juillet 1808,

Violation

de

t capitulationde Kaylen.

Massacre

des

prisonniersfiançaisà Lebrija.

fois tentés d’exercer de terribles représailles, en se précipi-tant sur tout ce qu’ils rencontreraient sous leurs mains pourse créer des armes; mais leurs officiers les continrent, afind’éviter un massacre général. On avait soin de les faire cou-cher hors des bourgs et des villes, et de les amasser en pleinchamp comme des troupeaux de bétail, pour leur épargnerdes traitements plus cruels encore. A Lebrija et dans les villesrapprochées du littoral, ils furent arrêtés et condamnés àséjourner, sous prétexte que les vaisseaux espagnols n’étaientpas prêts. Mais bientôt ils apprirent la cause de ce retard.La junte de Séville, gouvernée par les passions les plus basse-ment démagogiques, avait refusé de reconnaître la capitulationde Baylen, et déclaré que les Français seraient retenus pri-sonniers de guerre, sous divers prétextes, tous illusoires etmensongers jusqu'à l’impudence. L’une des raisons que cettejunte allégua, c’est qu’on n’était pas assuré d’avoir le consente-ment des Anglais pour le passage par mer; raison fausse, carles Anglais, malgré leur acharnement, témoignèrent pour nosprisonniers une pitié généreuse, et bientôt laissèrent passerpar mer, comme on le verra, d’autres troupes qu’ils auraienteu grand intérêt à retenir. Nos officiers s’adressèrent au ca-pitaine-général Thomas de Morla pour réclamer contre celteindigne violation du droit des gens, mais ne reçurent que lesréponses les plus indécentes, consistant à dire qu’une arméequi avait violé toutes les lois divines et humaines avait perdule droit d’invoquer la justice de la nation espagnole.

A Lebrija, le peuple furieux se porta la nuit dans une prisonoù était l’un de nos régiments de dragons, et en égorgeasoixante-quinze, dont douze officiers. Sans le clergé il lesaurait égorgés tous. Enfin les généraux qui avaient eu le tortgrave de se séparer de leurs troupes, pour voyager à partavec leurs bagages, furent sévèrement punis de s’être ainsiisolés. A peine étaient-ils arrivés au port Sainte-Marie avecleurs fourgons dispensés de visite, que le peuple, ne pouvant