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LIVRE XXXI.
juillet 1808 . des défilés de la Sierra-Morena, aurait dù par ce même motifs’en rapprocher de manière à les fermer tout à fait, et pourcela se placer à Baylen, ce qui eût rendu toute séparation deses divisions impossible. Après avoir commis la faute des’établir à Andujar, et non à Baylen, ce fut une faute non moinsgrave de ne pas suivre le général Vedel lorsqu’il le renvoyaà Baylen dans la soirée du 16, et, cette faute commise, den’avoir pas décampé le 17 au lieu de décamper le 18 ; d’avoir,le jour de la bataille de Baylen, engagé partiellement, succes-sivement, et en ligne parallèle à l’ennemi, les forces dont ildisposait, au lieu de faire une attaque en masse et en colonneserrée sur sa gauche puis enfin, après les efforts de bra-voure les plus honorables, d’avoir trop cédé à l’abattementgénéral. La faute du général Yedel fut de venir le 16 avecsa division tout entière à Andujar, et de laisser Baylen dé-couvert (ce que l’approbation du général en chef n’excusaitque très-imparfaitement); sa faute fut surtout de suivre le gé-néral Dufour à la Caroline, d’abandonner ainsi une secondefois Baylen, sans aucune précaution pour le défendre, et endernier lieu, détrompé à la Caroline, de n’étre pas revenu sur-le-champ, mais d’avoir au contraire perdu toute la journéedu 19 en vaines temporisations. Enfin la faute des générauxentourant le général Dupont fut de le pousser à la capitulation,et, après avoir vaillamment combattu sur le champ de bataillede Baylen, de montrer la plus coupable faiblesse dans lanégociation générale, cédant à toutes les menaces des géné-raux espagnols comme s’ils avaient été les plus lâches deshommes, tandis qu’ils étaient au nombre des plus braves ;
1 Je ne me permets d’exprimer ces jugements sur des questions toutesspéciales, que parce qu’ils sont conformes au simple bon sens, et appuyésde plus sur des autorités irréfragables, Napoléon et Berthier. Ces jugements,en effet, quant à ce qui concerne les opérations militaires du général Dupont,ne sont que la pensée de Napoléon et de Berthier, dégagée, pour le pre-mier des questions qu’il fit adresser par le procureur-général aux accusés, etpour le second du discours qu’il prononça dans la procédure.