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LIV11E XXXI.
Juillet 1808»
Effet produità Madridpar
la capitulationde Ba>len.
vision Reding eût permis aux deux parties de l’armée fran-çaise de se rejoindre, et de sortir triomphantes de ce mauvaispas, au lieu d’en sortir humiliées et prisonnières. En sacrifiantsur le champ de bataille le quart des hommes morts plus larddans une affreuse captivité, on eût changé en un triomphe lerevers le plus éclatant de cette époque extraordinaire *.
La nouvelle de cet étrange désastre, qu’on croyait impos-sible à Madrid depuis que l’armée du général Dupont avaitété portée à 20 mille hommes par l’envoi successif des divi-sions Vedel et Gobert, s’y répandit rapidement, d’abord parles communications secrètes des Espagnols, puis par quelquesofficiers échappés et venus de poste en poste dans la Manche,et enfin par l’arrivée de M. de Villoutreys lui-même, qu’onchargea d’apporter à l’Empereur la convention de Baylcn. Ledétail d’un tel revers consterna tout ce qui était Français, ouattaché à la fortune de la France. Les Espagnols étaient ivres
1 J’exprime ici, par pur amour de la vérité, et surtout par le dégoût pro-fond que j’ai toujours eu pour l’injustice envers les malheureux, un jugementsur l'affaire deBaylen, qui choquera tous les préjugés de l’époque impériale.Mais tout homme d’un esprit droit, après avoir lu les précieux documentsque j’ai possédés, ne pourra pas porter un autre jugement que celui que jeporte raoi-mème. Ces documents ont été de diverses sortes, et sont infini-ment curieux et conciliants. Il existe d'abord plusieurs volumes de pièces rela-tives à l’affaire de Baylen au dépût de la guerre, avec les modèles d’interro-gatoires qui furent dictés par l’Empereur , et qui révèlent l’opinion qu’il sefaisait sur les fautes militaires commises en cette campagne. II y a sa cor-respondance avec le général Savary, qui n’est pas le moins important de cesdocuments ; la correspondance dn général Dupont avec scs lieutenants , etenfin la procédure elle-même instruite contre les généraux Dupont, Mares-cot, Vedel, Chabert, etc. Napoléon voulut d’abord, dans un premier élande colère, faire fusiller tous les auteurs de ln capitulation. Bientôt, sur lesremontrances du sage et toujours sage Cambacérès, et sous l’inspiration deson cœur, qui eût suffi pour l’arrêter,' le premier moment passé, il déféra àun tribunal d’honneur, composé des grands de l’Empire, le jugement de l’af-faire de Baylen. La sentence prononcée fut la dégradation, et un décret im-périal ordonna que trois exemplaires manuscrits de la procédure tout en-tière seraient déposés, l'un au Sénat, l’autre au dépôt de la guerre, letroisième aux archives de la haute cour impériale. Lorsque, après la Res-tauration , le général Dupont fut revenu eu faveur ( et à cette époque il de-