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[Vol. 5.]
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LIVRE XXXI.

Juillet 1808.

Ressourcesqui restaient àMadridaprès la pertede Farinéed’Andalousie,

coureurs, qui, sous le titre de guérillas, couvraient les cam-pagnes, arrêtant les convois, égorgeant les blessés et les ma-lades, et ravageant l’Espagne bien plus que les armées fran-çaises elles-mêmes, toutefois le général Castanos pouvait ar-river avec les troupes de Valence, de Murcie, de Carthagène,de Grenade, de Séville, de Badajoz, c’est-à-dire à la tête de60 à 70 mille hommes fort encouragés par les événementsde Baylen, et on n’avait à leur opposer que les divisions Mus-nier, Morlot, Frère, la brigade Rey, et la garde impériale. Tousces corps, sans les blessés, les malades, auraient dù donnerenviron 30 mille hommes en ligne, et dans l’état de santé destroupes en donnaient tout au plus 20 ou 25 mille. Néanmoins,avec un général vigoureux, Murat par exemple, au lieu deJoseph, on aurait pu battre 60 mille Espagnols avec 20 milleFrançais, et rejeter les vainqueurs de Baylen sur la Mancheet l’Andalousie, s’ils venaient à se présenter devant Madrid.11 est vrai qu’on avait derrière soi une grande capitale, qu’ilfallait garder et contenir ; mais il était possible (comme l’é-crivit Napoléon depuis ) de ramener sur cette capitale un ren-fort considérable, et suffisant pour imposer à l’ennemi du de-hors et du dedans. Le maréchal Bessières, après sa victoirede Rio-Seco, avait marché sur la Galice, et s’apprêtait à ypénétrer. Il fallait le rappeler à Burgos, en réduisant son rôleà couvrir la route de Madrid à Bayonne. On pouvait lui re-prendre alors la brigade Lefebvre, détachée momentanémentde la division Morlot avant la connaissance de la victoire deRio-Seco, la division Mouton composée de vieux régiments,le 26 e de chasseurs récemment arrivé, les 51 e et 43 e de ligneprès d’arriver à Bayonne (et faisant partie des douze vieuxrégiments appelés en Espagne), ce qui aurait présenté unrenfort de 10 mille hommes environ de troupes excellentes,et capables de se battre contre toutes les armées de l’Es-pagne. Le maréchal Bessières aurait eu encore, avec les trou-pes de marche, et les colonnes mobiles placées à Vittoria,