BAYLEN.
153
Burgos, Aranda, environ 14 ou 15 mille hommes. Enfin les Juillet isoe14 e et 44 e de ligne, faisant partie aussi des anciens régimentsappelés en Espagne, avaient accru le corps du général Ver-dier devant Saragosse, et l’avaient porté à 17 mille hommes.
On pouvait, à la rigueur, soit que l’attaque nouvelle préparéecontre Saragosse, et dont on annonçait tous les jours le suc-cès comme probable et prochain, s’effectuât ou fût différée,détacher ces deux régiments et les amener à Madrid. Dansle cas de la prise de Saragosse, ils arrivaient avec leur forcematérielle et un grand effet moral à l’appui. Dans le cas con-traire, la prise de Saragosse n’en était que retardée; maisMadrid était mis à l’abri de toute tentative, et l’ennemi, quelqu’il fût, qui s’en approcherait, devait être rejeté au loin.L’Espagne, après tout, avec les 30 mille hommes qu’on pou-vait réunir à Madrid, les 14 mille qui seraient restés au ma-réchal Bessières, les 17 mille du général Verdier, les 11 milledu général Duhesme en Catalogne, les 7 mille du généralRefile, contenait encore 80 mille Français environ, et certai-nement il était possible avec une pareille force de tenir têteaux Espagnols, sans compter qu’à chaque instant on voyaitapparaître à Bayonne de nouveaux renforts préparés par Na-poléon. Mais il aurait fallu un prince militaire, nous le répé-tons, et non un prince doux, sage, instruit, et point hommede guerre, bien que, dans les moments de péril, il se souvintqu’il était frère de Napoléon 1 .
1 Je ne tire point ces observations uniquement de mon esprit. J’avais tou-jours pensé, en réfléchissant sur ces événements, qu’il restait, même aprèsle désastre de Baylen, des forces suffisantes pour continuer à occuper Ma-drid; mais j’ai trouvé récemment une note de l’Empereur, datée de Bor-deaux, du 2 août, qui m’a confirmé dans cette opinion, et c’est de cettenote même que j’extrais les calculs que je viens de présenter, ainsi que l’in-dication des concentrations qu'on aurait pu opérer. Je n’ai fait que réduirequelques chiffres exagérés dans cette note sur la force des corps qui restaienten Espagne. Napoléon, voulant engager son frère à tenir bon, flattait natu-rellement un peu la situation, et entre les chiffres douteux préférait toujoursles plus élevés. Quoiqu’il comptât plus de 80 mille hommes en Espagne après