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[Vol. 5.]
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LlVltJfi XXXI.

Juillet 1808,

Kpouvaniedu roi Jo.sepi»,et sarésolutionrfa quitterMadrid.

il n’y avait donc pas lieu de désespérer, puisqu’en rame-nant le maréchal Bessières de la Galice dans la Vieille-Cas-tille, en réduisant son rôle à garder la route de Madrid, enattirant à soi une partie des forces dont il disposait, plus uneportion des troupes qui assiégeaient Saragosse, et enfin cellesqui venaient de traverser Bayonne, on était en mesure detenir Madrid, et de battre les insurgés qui oseraient se mon-trer sous ses murs. Mais l’infortuné roi d’Espagne n’avait pasle caractère trempé comme celui de son frère. La joie desEspagnols qui lui étaient hostiles, et c’était le très-grand nom-bre, la désolation de ceux qui s’étaient attachés à sa cause,l’ébranlement d’esprit de ses ministres, le peu de fermeté desgénéraux français qui l’entouraient, l’embarras de se trouverau milieu d’une ville qui lui était inconnue, tout contribua àébranler profondément son âme, et à lui faire prendre ladésastreuse résolution de quitter sa nouvelle capitale, dixjours apres y être entré. Il aurait dû tout braver plutôt queque de se résoudre à évacuer Madrid, car le seul effet moraldevait en être immense. Tant qu’il y demeurait, les événe-ments de la guerre pouvaient être considérés comme desalternatives de revers et de succès; Rio-Seco pouvait êtreopposé à Baylcn, bien qu’il ne le valût pas; la prise justementespérée de Saragosse pouvait être opposée bientôt à la résis-tance de Valence ; et Madrid, toujours occupé, restait commela prouve de la supériorité des Français dans la Péninsule.L’insurrection pouvait douter encore d’elle-même, et les An-glais, présumant moins de sa puissance, n’auraient pas faitd’aussi grands efforts pour la seconder. Mais Madrid évacuésemblait de la part de la nouvelle royauté l’aveu formel qu’elleétait incapable de conserver par la force le royaume qu’elleavait prétendu recevoir de la Providence. Cp que la Provi-dence veut, elle sait le soutenir, et elle ne le laisse pas tom-

la perte des 20 mille de Dupont, il en restait à peine ce nombre, tant lesmaladies et le feu avaient déjà exercé de ravages.