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[Vol. 5.]
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B A Y I.BN.

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ber. Dès ce moment, l’Espagne entière allait être debout, et,à la honte particulière de Baylen, qui frappait quelques géné-raux , devait succéder une confusion cruelle pour Napoléon,la confusion de sa politique, conséquence de l’évacuation to-tale ou presque totale de l’Espagne.

Le général Savary se trouvait encore à Madrid, bien queJoseph, n’aimant ni sa personne ni sa manière de penser etd’agir, eût fait de son mieux pour se débarrasser de lui.Le général Savary représentait le système des exécutionsmilitaires, de l’application à bien entretenir l’armée fran-çaise quoi qu’il en coûtât à l’Espagne, de la soumission ab-solue aux volontés de Napoléon, et de l’indiflcrence aux vo-lontés de Joseph quand elles n’étaient pas exactement con-formes aux ordres émanés do l’état-major impérial. Joseph,voulant se populariser en Espagne, et par suite fort enclin àsacrifier l’intérêt de l’armée à celui des Espagnols, éprouvaitpour le général Savary et l’ensemble de choses qu’il repré-sentait auprès de lui, une aversion profonde. Aussi, avait-ildemandé à Napoléon de lui accorder le maréchal Jourdan,dont il avait pris l’habitude de se servir à Naples, qui étaitdroit, sage, tranquille, pas plus actif qu’il ne fallait à la mol-lesse de son maître, et peu disposé à se prosterner devantNapoléon, qu’il ne comprenait guère et qu’il aimait encoremoins. Joseph, pressé d’avoir le maréchal Jourdan, et den’avoir plus le général Savary, avait donné à entendre àcelui-ci qu’il ferait bien de partir, et le général Savary, tou-jours assez indocile, excepté pour Napoléon, lui avait réponduqu’il serait charmé de le quitter dès qu’il en aurait la permis-sion de l’Empereur, son unique maître. En attendant cettepermission, il était resté à Madrid, faisant tous les jours, danssa correspondance avec l’Empereur, un tableau peu flattédes hommes et des choses. Après le désastre de Baylen, Jo-seph fut trop heureux d’avoir auprès de lui le général Savary,pour partager la responsabilité des graves résolutions qu’il y

Juillet 1808.

Conduitedu generalSavaryà Madrid,et ses conseilsau roiJosepli.