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[Vol. 5.]
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Août 1808.

La conquêtede Saragosseabandonnéepar suitede la retraitedes Françaissur,le hautEhre.

Retraitedu corpsd’arméede l’Aragonsur Tudeln.

Opérationsen Catalogne.

et la mine, ne croyant pas devoir plus ménager une villeespagnole que ne le faisaient les Espagnols eux-mêmes.

C’est dans cet état que survint la nouvelle du désastre deBaylen, de l’évacuation de Madrid, et de la retraite généralesur l’Èbre. Nos généraux et nos soldats éprouvèrent un amerdéplaisir de voir tant de sang inutilement répandu, et uneproie sur laquelle ils s’étaient acharnés près de leur échapper.Le corps de Saragosse devant former, à Tudcla, sur l’Ebre,la gauche de la nouvelle position que l’armée française allaitoccuper en Espagne, on achemina d’abord les blessés, puisla portion de l’artillerie qu’on pouvait transporter, on enclouale reste, et on se mit en marche, le chagrin dans le cœur, latristesse sur le visage, humilié au dernier point de reculerdevant des soldats qu’on n’était pas parvenu à considérerbeaucoup, malgré l’obstination déployée dans les rues de Sa-ragosse par des paysans et des moines. On revint environ16 mille hommes sur Tudela, les uns anciennement, les autresrécemment aguerris, mais tous en rase campagne capablesde battre trois ou quatre fois plus d’Espagnols qu’ils ne comp-taient d’hommes dans leurs rangs.

En Catalogne, on avait été obligé de s’enfermer dans lesmurs do Barcelone. Le général Duhesme, ayant d’abord es-sayé de comprimer l’insurrection au midi de cette provincepour pouvoir communiquer avec Valence, mais n’ayant plusà s’inquiéter de ce qui se passait de ce côté depuis la retraitedu maréchal Moncey, avait alors tenté d’agir au nord, afin demaintenir ses communications avec la France, et de donnerla main à la colonne du général Refile. 11 était sorti à la têtede la principale partie de ses forces par Mataro et Hostalrichsur Girone, avec le projet de s’emparer de celte dernièreplace, l’une des plus importantes de la Catalogne, que lesFrançais avaient eu le tort de ne pas occuper. Arrivé à Ma-taro, il s’était vu dans la nécessité de prendre cette petite villed’assaut, et de la livrer à la fureur du soldat, chaque jour