B A YLEN.
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Le général Junot avait réuni sur le ïage un certain nom-bre de bâtiments hox-s de service. Il les fit mettre à J’ancre aumilieu du canal, sous le canon des forts, et il y plaça les sol-dats espagnols privés de leurs armes, mais suffisammentpourvus de tout ce qui leur était nécessaire.
Tandis qu’on en agissait ainsi à Lisbonne avec la divisionCarafTa, la division Taranco, forte de 16 bataillons, et qu’au-cune troupe française ne contenait à Oporto, s’était soulevée,avait fait prisonnier le général français Quesnel avec tout sonétat-major, et avait pris le chemin de la Galice pour rejoin-dre le général Blake, en appelant les Portugais aux. armes.Ce n’était pas l’envie de s’insurger qui manquait à ceux-ci,car les Portugais, quoique ennemis des Espagnols, no sontau fond que des Espagnols qui en détestent d’autres. À la vuedes Français, ils avaient bien senti qu’ils étaient de cette racede Maures chrétiens, qui habitent la Péninsule, et haïssenttout ce qui est au delà. Ils n’auraient pas demandé mieux quede s’insurger ; mais devant l’armée française ils ne l’avaientpoint osé, et le bon ordre maintenu par Junot parmi ses trou-pes avait contribué à leur rendre cette soumission moins pé-nible. Mais en apprenant le soulèvement de l’Espagne, en en-tendant dire aux Espagnols qu’ils avaient vaincu les Français,ils avaient conçu naturellement le désir de suivre un pareilexemple ; et il ne leur fallait plus que la vue de leurs vieuxalliés les Anglais, alliés et tyrans à la fois, pour déterminerparmi eux une insurrection générale.
L’amiral sir Charles Cotton croisait, en effet, du cap Finis-tère au cap Saint-Vincent; mais on n’apercevait que des vais-seaux se tenant à distance, n’abordant pas encore, et on at-tendait avec impatience qu’un convoi apportât enfin une ar-mée anglaise. Lisbonne, que contenait le général Junot avecle gros de ses troupes, ne pouvait guère se permettre un sou-lèvement, tandis qu’Oporto, qui avait tous les sentimentsportugais dans le cœur, et, en outre, le chagrin de ne plus
Août 1803,
Le generalJunot jilaccsur desbâtiments,au milieudu Tage,les soldatsespagnolsdc'sarme's.
Dispositionà s'insurgercombattuechez
les Portugaispar
la crainte.