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[Vol. 5.]
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LIVRE XXXI.

Août 1808. voir les Anglais dans son port, Oporto était prêt à éclater aupremier signal de l’Angleterre.

Le brave général Junot sentait tout ce que cette situationsituation avait de grave. Au moment où le général Dupont succombait,française. j[ y aV ait un mois qu’il était sans nouvelles de France, car lamer soumise aux Anglais no laissait pas passer un navire, etl’insurrection espagnole, qui enveloppait le Portugal du nordau midi, ne laissait pas passer un courrier. Le bruit de l’évé-nement de Baylen, transmis par l’enthousiasme espagnol à lahaine portugaise, sc répandit en Portugal avec une prompti-tude incroyable, et y causa une émotion extraordinaire. Aucontraire, la victoire de Rio-Seco, quoique antérieure dobeaucoup au désastre de Baylen, n’était pas encore connue ;car l’esprit humain' propage les faits qui le Battent, et restesans écho pour les autres. Il n’y avait pas de mal, au surplus,et ce fait heureux, qu’on devait bientôt apprendre, allait de-venir, comme on va le voir, une ressource pour le moral denos soldats. Quoique jeunes, ils s’étaient déjà aguerris parune difficile marche en Portugal. Ils s’étaient reposés, réorga-nisés, instruits, acclimatés, et présentaient le plus bel aspect.Entrés au nombre de 23 mille, rejoints par 3 mille autres, ilsse trouvaient encore, après leur désastreuse marche do l’au-tomne dernier, au nombre de 24 mille, très en état de soute-nir l’honneur des armes françaises avant de se rendre, s’ilfallait qu’eux aussi succombassent pour expier dans toute laPéninsule l’attentat de Bayonne.

Le général Junot, se voyant si loin de France, enfermé en-tre l’insurrection espagnole qui s’annonçait victorieuse, et lamer qui se montrait couverte de voiles anglaises, ne se faisaitpas illusion sur ses dangers; mais il était intelligent et brave,et il était résolu à se conduire de manière à obtenir l’appro-bation de Napoléon. 11 tint un conseil de guerre, et dans ceconseil, composé de généraux élevés à l’école de Napoléon,les résolutions furent conformes aux vrais principes de la