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le soldat français, par son ardeur, son énergie, sa prompti-tude, sa disposition à tout braver, était l’instrument prédes-tiné du génie de Napoléon, le soldat solide et lent de l’An-gleterre était fait pour l’esprit peu étendu, mais sage et ré-solu de sir Arthur Wellesley. Un tel soldat, il fallait, si on lepouvait, l’éloigner de la mer, le réduire à marcher, à entre-prendre, à montrer ses défauts enfin, au lieu d’aller se heur-ter contre ses qualités en courant l’attaquer dans de fortespositions. Mais le brave et bouillant Junot n’était pas homme

se conduire avèc tant de prudence et de calcul, et l’on de-vait craindre qu’il ne vînt briser son impétuosité contre lafroide opiniâtreté des soldats de l’Angleterre.

Sir Arthur Wellesley se mit en route le 8 août en longeantla mer, de manière à avoir toujours à portée ses approvision-nements et ses moyens de retraite. Il eut dès son début d’assezgrands démêlés avec l’armée portugaise. Les insurgés du Por-tugal avaient formé, en réunissant toutes leurs forces dansle nord de leur territoire, une armée de cinq ou six millehommes, sous le général Freyre. Sir Arthur Wellesley auraitdésiré les avoir avec lui, pour couvrir ses flancs. Mais ceux-ci,soit qu’ils eussent peur, comme les en accusa le général an-glais auprès de son gouvernement 1 , de rencontrer les Fran-çais de trop près, soit qu’ils n’eussent pas grande confiancedans des auxiliaires toujours prompts à se retirer sur leursvaisseaux au premier revers, et à laisser leurs alliés exposésseuls aux coups de l’ennemi, montrèrent des exigences aux-quelles le général anglais ne voulut point satisfaire : c’étaitd’être nourris par Farinée britannique, avec les ressourcestirées de ses vaisseaux. Celte prétention ayant été repoussée,les Portugais prirent le parti d’agir pour leur propre compte,et suivirent les routes de l’intérieur, en abandonnant à leurs

1 C’est l'assertion du duc de Wellington dans sa correspondance avec lecabinet britannique, récemment imprimée en Angleterre, comme on sait, etprésentant un ensemble de documents aussi précieux qu’intéressants.

TOM. IX. ^ 2

Août 1803.

Mouvementdes Anglaisvers

Lisbonne,commencéle 8 août,en suivantle littoral.

Difficultés

entre

les Anglaiset

les Portugais.