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[Vol. 5.]
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BAYLEN.

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mettre tout à feu et à sang, de ne livrer Lisbonne qu’à moitiéravagée, si on ne lui accordait ce qu’il réclamait. Heureuse-ment l’amiral Siniavin, allié aussi disgracieux que peu secou-rable, afficha le désir de négocier pour son propre compte,ne voulant apparemment rien devoir à l’armée française, delaquelle il sentait bien n’avoir rien mérité. Junot se hâta d’y• consentir, et alors, la principale difficulté se trouvant écartée,on tomba promptement d’accord.

La convention datée de Cintra fut signée le 30 août. Ellestipulait que l’armée française se retirerait avec tous les hon-neurs de la guerre, et en emportant ce qui lui appartenait;qu’elle serait ramenée sur des vaisseaux anglais dans lesports de France les plus voisins, ceux de La Rochelle, Lorientou autres; qu’elle pourrait servir immédiatement; que lesblessés et les malades seraient traités avec soin, et transférésà leur tour dès que leur état leur permettrait de supporter letrajet; qu’il en serait de même pour les garnisons d’Àlmeidaet d’Elvas restées dans l’intérieur du pays. 11 fut convenu deplus que les Français n’emporteraient rien de ce qui appor-tenait au Portugal, dont ils avaient administré les financesavec autant d’ordre que de loyauté, et auquel ils laissaient9 millions dans les caisses, qu’ils avaient trouvées absolumentvides à leur arrivée. Il fut stipulé, enfin, qu’aucune recherchen’aurait lieu pour le passé, et que les Portugais qui avaientembrassé le parti des Français seraient respectés dans leurspersonnes et leurs propriétés.

Cet arrangement était aussi honorable qu’on pouvait ledésirer pour l’armée française, car elle était sauvée toutentière, et remise en état de reprendre dans un mois lesarmes contre l’Espagne. Les Anglais étaient incapables d’imiterles Espagnols et de violer la convention de Cintra, commeceux-ci avaient violé la capitulation de Baylen. En effet, ilsréunirent à l’embouchure du Tage les nombreuses flottillesqui venaient de débarquer trente mille de leurs soldats sur

Août 1608.

"Conventionde Cintra pourl’évacuationdu Portugal.

Embarquementde l’armée

française

et son retouren France,