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LIVRE XXXII.
Août 1808. évitables communications d’un versant à l’autre des Pyré-nées, i[ue l’Aragon était en insurrection, et que l’établisse-ment du roi .loseph rencontrait d’assez graves difficultés.Mais on ne considérait pas comme sérieuses les résistancesque la malheureuse Espagne, affaiblie et désorganisée parvingt ans d’un mauvais gouvernement, pouvait opposer auvainqueur du continent. On se trompait donc avec lui, demême que lui, sur ce qui devait se passer au delà desPyrénées. On ne cessait pas de le regarder comme l’em-blème du succès, de la puissance, du génie. C’est tout auplus si quelques vieux royalistes entêtés, éclairés par lahaine, prédisaient sans le savoir des malheurs dont l’origineserait en Espagne. Mais les masses accouraient bruyantes etenthousiastes sur les pas du restaurateur de l’ordre, de lareligion et de la grandeur de la France. Elles le croyaienteneore heureux, lorsque déjà il commençait à ne plus l’être,et qu’un rayon de tristesse avait pénétré dans son téméraireet intrépide cœur.
Napoléon, en quittant Bayonne, n’avait presque plus d’illu-iiiusions sions sur les affaires d’Espagne. 11 connaissait l’étendue et lapresque^toutes violence de l’insurrection ; il était informé de la retraite duquantnuîuitte maréchal Moncey, de l’opiniâtre résistance de Saragosse, des
Baronne.
difficultés que le général Dupont avait rencontrées en Anda-lousie. Mais il connaissait aussi la brillante victoire du maré-chal Bessières à Rio-Seco, l’entrée do Joseph dans Madrid,les secours nombreux envoyés à Dupont, et les grands pré-paratifs d’attaque faits devant Saragosse. Il se flattait doncque le maréchal Bessières, poursuivant ses avantages, rejet-terait jusqu’en Galice les insurgés du nord, que le généralDupont secouru rejetterait jusqu’à Séville, peut-être jusqu’àCadix, les insurgés du midi ; que Saragosse, un jour ou l’autre,serait prise, et qu’avec les vieux régiments qui arrivaient, onpourrait renforcer suffisamment nos divers corps d’armée,et terminer peu à peu la soumission de l’Espagne. Un succès