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LIVRE XXXII.
Août isos. succédèrent d’heure en heure lui apprirent bientôt à quelpoint les suites de ce désastre, sous un prince bon, mais faibleet vain, devaient s’aggraver. Murat, roi d’Espagne, eût ralliétout ce qui lui restait de troupes, et fondu sur Castanos, avantque celui-ci entrât dans Madrid. Joseph, le faible Joseph, plusencore par ignorance que par timidité, se retirait en toutehâte sur l’Èbre, levait le siège de Saragosse à moitié conquise,arrêtait Bessières dans sa marche victorieuse, et se croyait àpeine rassuré derrière l’Èbre, ayant déjà un pied sur lesPyrénées.
Les conséquences tout espagnoles de ce revers étaient lesEuropéennes 8 m °m ( ]res. Les conséquences européennes devaient être bienévénements plus graves. Les ennemis abattus de la France allaient re-a Espagne. p ren( j re coura ge. L’Autriche, toujours en préparatifs de guerredepuis la campagne de Pologne, fictivement résignée depuisla convention qui lui avait rendu Braunau, excitée de nouveaupar les événements de Bayonne, surexcitée par ceux de Bay-len, allait redevenir menaçante. Sa rupture apparente avecl’Angleterre, obtenue à force de menaces, allait se changer enune secrète et intime alliance avec elle. Et c’était en présenced’un tel état de choses qu’il fallait rappeler une partie de lagrande armée des bords de la Yistule et de l’Elbe, pour laporter sur l’Ëbre et le Tage 1 D’une situation triomphante,Napoléon, par sa faute, allait donc passer à une situation diffi-cile au moins, et qui exigeait tout le déploiement de son génie.Il y pouvait suffire assurément, car la grande armée étaitentière encore, et capable d’accabler l’Autriche tout en en-voyant un fort détachement en Espagne. Mais d’arbitre absoludes événements qu’il était en 1807, Napoléon se voyaitréduit à lutter pour les dominer. A ces peines si graves s’enjoignait une autre, toute d’amour-propre. Il s’était trompé,visiblement trompé, au point que personne n’en pouvaitdouter en Europe. Ses invincibles soldats avaient été battus,par qui ? Par des insurgés sans consistance, et l’opinion pu-