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[Vol. 5.]
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K R F U R T.

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blique, cette courtisane inconstante, qui se plaît à délaisserceux qu’elle a le plus adulés, n’allait-elle pas grossir l’événe-ment, en taisant ce qui l’expliquait, comme la jeunesse dessoldats, l’influence du climat, un concours inouï de circons-tances malheureuses, enfin un moment d’erreur chez ungénéral d’un incontestable mérite? Cette volage opinion n’al-lait-elle pas rabaisser tout d’un coup et la prévoyance politiquede Napoléon, et l’héroïque valeur de ses armées? L’amour-propre et la prudence souffraient donc également chez legrand homme, que la sinistre nouvelle venait d’assaillir, et ilétait puni, puni de toutes les manières, puni comme on l’estpar l’infaillible Providence. Toutefois ce pouvait n’étre qu’unsalutaire avertissement, et il devait triompher de ce reversmomentané, triompher assez complètement pour demeurertout-puissant en Europe, s’il savait profiter de cette premièreet cruelle leçon.

11 arriva ici ce qui arrive souvent : un malheureux , quiavait sa part dans une série de fautes, mais rien que sa part,paya pour tout le monde. Napoléon, profondément irrité contrele général Dupont, apercevant avec son coup d’œil supérieurles fautes militaires que celui-ci avait commises et qui suffi-saient pour tout expliquer', mais se laissant aller à croiretout ce que la malveillance y ajoutait de suppositions déshono-rantes, s’écria que Dupont était un traître, un lâche, un misé-rable, qui pour sauver quelques fourgons avait perdu sonarmée, et qu’il le ferait fusiller. — Ils ont sali notre uniforme,

1 II existe aux Archives de la Secrétairerie d'État. ai-je dit, la minutedei questions adressées au général Dupont par ordre de Napoléon, et onpeut, avec ce document, se faire une idée exacte de l’opinion que Napole'onavait conçue de la catastrophe de Bajlen et de la conduite du général Du-pont. I) vit bien les fautes militaires qui suffisaient pour expliquer la catas-trophe, mais il se laissa influencer un moment par les bruits calomnieux ré-pandus sur le général Dupont, et il le fit interroger sur ces bruits, sans ycroire beaucoup lui-méme. Il n’y croyait même plus du tout quelque tempsaprès.

Août 1808.

InjusteIrritationde lNapoldo ncontrele généralDupont.

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