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LIVRE XXXII.
Août lof. ses ordres en route, recevant à chaque station des centainesde dépêches, et en expédiant autant qu’il en recevait.
Arrivé à Rochefort le 5, il fut accueilli avec enthousiasmepar une population toute maritime, qui avait vu ses arsenauxet ses chantiers redoubler d’activité sous son règne. Il allavisiter l’ile d’Aix et les travaux du fort Boyard, tenant àexaminer par lui-même ces lieux, au sujet desquels il donnaitsans cesse des ordres de la plus grande importance. Lacuriosité, l’admiration, la reconnaissance, attiraient sur sespas les populations des villes et des campagnes. De Rochefortallant à La Rochelle, à Niort, à Napoléon-Vendée, il trouvapartout la foule plus nombreuse et plus démonstrative.L’homme prodigieux qui avait arraché ces provinces à laguerre civile, qui leur avait rendu le calme, la sécurité, laprospérité, l’exercice de leur culte, était pour elles plus qu’unhomme; il était une sorte de demi-dieu. Napoléon, tout àl’heure puni en Espagne du mal qu’il avait fait, était récom-pensé maintenant du bien qu’il avait accompli en France!S’il avait souffert de ses oeuvres mauvaises, il jouissait desbonnes, et son chagrin fut presque dissipé à l’aspect de laVendée reconnaissante et enthousiaste. Elle n’eût pas mieuxreçu Louis XVI s’il avait pu sortir de la tombe oû l’avait faitdescendre le crime de quatre-vingt-treize. A Nantes, àSaumur, l’accueil fut le même, et Napoléon, ne contenant plusle plaisir qu'il éprouvait, en remplit sa correspondance, qui,à Bordeaux, avait été pleine de chagrin, de colère, d’ordresprécipités.
Il fut rendu à Paris le \ 4 août au soir, veille de la grandeArrives fête du \ 5, jour oû il se préparait à paraître dans tout l’éclatie à i 4 août P u ‘ ssance i et avec une sérénité de visage qui pût dé-
concerter les conjectures de la malveillance. C’était surtoutau corps diplomatique, pressé de le revoir et de l’observ«r,qu’il voulait montrer une attitude imposante, et tenir un lan-gage qui retentit dans l’Europe entière.