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[Vol. 5.]
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E R F U R T.

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11 venait de recevoir de Russie des nouvelles qui le rassu-raient parfaitement, et qui lui dépeignaient cette puissancecomme toujours soumise à ses desseins, moyennant les satis-factions qu’elle attendait en Orient. Mais les nouvelles d’Au-triche étaient d’une nature bien différente. De ce côté, toutdevenait menaçant. On se souvient que, toujours ennemie aufond, malgré les promesses de l’empereur François au bivouacd’Urschitz, l’Autriche, désolée de n’avoir pas profité de labataille d’Eylau, pour se jeter sur l’Oder pendant que Na-poléon était embarrassé sur la Vistule, un moment remise parla convention qui lui rendait Braunau, avait affecté de par-tager après Copenhague l’indignation des puissances continen-tales contre l’Angleterre. Elle avait, en effet, renvoyé M. Adair,ministre britannique, mais probablement en lui donnant àentendre que cette rupture de relations ne signifiait rien, etqu’il n’y fallait attacher aucune importance. Il est certain queles escadres anglaises, dans l’Adriatique, avaient continué àlaisser circuler le pavillon autrichien, et que le commerce desdenrées coloniales n’avait pas été interrompu un instant aTrieste. Mais lorsqu’elle fut iniruite du piège tendu à Bayonneà la famille royale d’Espagne, instruite surtout des revers quis’en étaient suivis, l’Autriche n’avait pu se contenir plus long-temps, et elle avait presque jeté le masque. Une terreur enpartie feinte, en partie sincère, s’était saisie de cette cour etde son entourage. — Voilà donc ce qui attend toutes lesvieilles royautés du continent 1 s’était-on écrié dans les salonsde Vienne. C’est un horrible guet-apens; c’est un dangerévident, qui doit parler à quiconque a un peu de prévoyance,car tout souverain qui aura négligé de se défendre seratraité comme Charles IV et Ferdinand VII! — L’archiducCharles lui-même, ordinairement plus réservé que lesautres, et moins malveillant pour la France, s’était écriéà son tour : Eh bien! nous mourrons s’il le faut les armesà la main; mais on ne disposera pas de la couronne d’Au*

Août 1808.

Nouvellesde l'étatde l’Europeque Napoléontrouveà Paris.

Colèreet craintede la courde Vienne.