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LIVRE XXXII.
Août 1806 .
Influence
des
événementsde Romesur la courd’Autriche.
triche aussi facilement qu’on a disposé de la couronned’Espagne. —
Les nouvelles arrivées de Rome avaient également contribuéà exalter les esprits à Vienne, et à y déchaîner les langues.Le général Miollis ayant, comme nous l’avons dit ailleurs, reçuet exécuté l’ordre d’occuper Rome militairement, et n’ayantlaissé au pape que l’autorité spirituelle, celui-ci s’était retirédans le palais de Saint-Jean-de-Latran, en avait fait barricaderles portes et les fenêtres, comme s’il avait dû supporter unsiège, s’y était enfermé avec ses domestiques, ne voulait com-muniquer qu’avec les ministres étrangers, se disait opprimé,esclave dans ses États, victime d’une usurpation abominable,et protestait chaque jour contre la violence sous laquelle ilsuccombait. A ces événements était venue se joindre la réunionau royaume d’Italie des provinces d’Ancône, de Macerata, deFermo, sous les titres de départements du Métaure, du Musone,du Tronto.
Ces faits avaient exaspéré le public de Vienne presqueautant que les événements d’Espagne, et, soit à la cour, soit àla ville, on s’y livrait aux propos les plus amers, en présencemême de l’ambassadeur de France, le général Andréossy.Parmi ceux qui tenaient ces propos, les uns croyaient en effetce qu’ils disaient, et se figuraient sérieusement que Napoléonvoulait renouveler sur le continent toutes les familles ré-gnantes. Les autres n’en croyant rien, et comprenant que sonsystème, calqué sur celui de Louis XIV, pourrait bien s’étendreà l’Italie et à l’Espagne, mais non jusqu’à l’Autriche, répétaientcependant le langage général pour entraîner la masse toujourscrédule. Tous néanmoins étaient d’accord pour dire qu’ilfallait, sans attaquer, se préparer à se défendre; et même,depuis les revers très-exagérés de nos armées, ils se laissaientemporter fort au delà de l’idée d’une simple défensive. Lespréparatifs militaires étaient conformes à ces dispositionsmorales.