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[Vol. 5.]
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ERFURT.

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L’armée autrichienne n’avait pas cessé d'étre tenue au grandcomplet, exercée, perfectionnée dans son organisation, par lessoins assidus de l’archiduc Charles. Ne se contentant pas decet effort, ruineux pour les finances autrichiennes, on venaittout à coup d’augmenter extraordinairement les forces de lamonarchie par des mesures nouvelles, dont quelques-unesétaient imitées de la France elle-même. Indépendamment del’armée active, on avait imaginé un système de réserve, con-sistant à réunir, à exercer un certain nombre de recrues danschaque localité, et à les tenir prêtes à rejoindre les drapeaux.Le nombre avoué était de SD mille, et le nombre réel de prèsde 100 mille. Ce renfort devait porter à plus de 400 millehommes l’armée active. Puis, sous le nom de milices, ressem-blant fort à nos gardes nationales, on avait mis sur pied pres-que toute la population. On l’avait enrégimentée, habillée,armée, et on l’exerçait tous les jours. Cette population autri-chienne, ordinairement étrangère à son gouvernement, avaitété en quelque sorte flattée qu’on eût recours à elle, et, soitle plaisir d’être comptée pour quelque chose, soit la crainted’un danger extérieur, elle s’était enrôlée avec un empresse-ment singulier. Les nobles, les bourgeois, le peuple, s’étaientofferts. Les dons volontaires des États et des individus avaientfourni des moyens suffisants pour équiper cette masse d’hoin-mes; et on n’estimait pas à moins de 300 mille individus lenombre de ceux qui étaient disposés à faire un service séden-taire et même actif pour le soutien de la monarchie. Quatrecent mille hommes de troupes actives, trois cent mille detroupes sédentaires, composaient, pour une population de 15ou 16 millions de sujets que comptait alors la maison d’Au-triche , une force énorme, telle que jamais cette maison n’enavait déployé. Il était probable en effet que, grâce à cetarmement, elle pouiTait mettre en ligne trois cent mille com-battants véritablement présents au feu, ce qui ne lui étaitjamais arrivé, ce qui était immense, ce que n’avait fait encore

Août 1808.

Préparatifs

militaires

de

l’Autriche,

Espècede levéeen massesous formede réserve.

Énormitédes forcesautrichiennesà cetteépoque.