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cours des Russes, en finir pour jamais avec elle, et se rabattre Aoùt 180S -ensuite du Danube sur les Pyrénées pour soumettre les Espa-gnols, et jeter les Anglais à la mer. Mais ce n’était là qu’uneextrémité. Il préférait n’avoir pas cette nouvelle guerre àsoutenir, car la guerre n’était plus son goût dominant. Lagloire militaire après Rivoli, les Pyramides, Marengo, Auster-ültz, Iéna, Friedland, ne pouvait plus être pour lui la sourcede bien vives jouissances. Désormais la guerre ne devait êtrepour lui qu’un moyen de soutenir sa politique, politique exor-bitante malheureusement, et qui exigerait encore de nombreuxet sanglants triomphes. Ainsi, sans vouloir provoquer l’Au-triche, il tenait à la faire expliquer de la façon la plus claire.
Recevant les représentants des puissances ainsi que les H"S“ 9
l f 1 ^ explication
grands corps de l’État dans la journée du 15 août, il saisit decette occasion pour avoir avec M. de Melternich, non point 1 aïutrîci!*!"une explication passionnée, provocatrice, comme celle qu’ilavait eue jadis avec lord Whitworlh, et qui avait amené laguerre contre l’Angletenre, mais une explication douce, calme,et pourtant péremptoire. 11 se montra gracieux, serein avecles ministres de toutes les cours, prévenant avec M. de Tols-toy, quoiqu’il eût à se plaindre de ses incartades militaires,amical, ouvert, mais pressant avec M. de Melternich. Sansattirer l’oreille des assistants par les éclats de sa voix, il parla,cependant, de manière à être entendu de certains d’entre eux,notamment de M. de Tolstoy. — Vous voulez ou nous faire laguerre, ou nous faire peur, dit-il à M. de Metternich '. —
M. de Melternich, ayant affirmé que son cabinet ne voulaitfaire ni l’un ni l’autre, Napoléon repartit sur-le-champ, d’unton doux, mais positif : Alors pourquoi vos armements, quivous agitent, qui agitent l’Europe, qui compromettent la paix,et ruinent vos finances? — Sur l’aSsurance que ces arme-
1 Cet entretien, transcrit à l’instant même par M. de Cbampagny, futenvoyé à Vienne à M. Andréossy, et se trouve conservé aux archives de»affaires étrangère». Je ne fais ici qu’en résumer le contenu.