204
LIVRE XXXII
Août 18C8. ments n’étaient que défensifs, Napoléon s’attacha, en connais-seur profond, à prouver à M. de Metternich qu’ils étaient d’unetout autre nature. — Si vos armements, lui dit-il, étaient, commevous le prétendez, purement défensifs, ils seraient moins pré-cipités. Quand on veut créer une organisation nouvelle, onprend son temps, on ne brusque rien, parce qu’on fait mieux cequ’on fait lentement. Mais on ne forme pas des magasins, onn’ordonne pas des rassemblements de troupes, on n’achète pasdes chevaux, surtout des chevaux d’artillerie. Votre armée estde près de 400 mille hommes. Vos milices seront d’un nombrepresque égal. Si je vous imitais, je devrais ajouter 400 millehommes à mon effectif, et ce serait un armement insensé. Jen’ai pas besoin d’en appeler autant. Moins de deux cent milleconscrits suffiront pour maintenir ma grande armée sur un piedformidable, et pour envoyer cent mille hommes de vieillestroupes en Espagne. Je ne suivrai donc pas votre exemple,car bientôt il faudrait armer les femmes et les enfants, et nousreviendrions à un état de barbarie. -Mais en attendant vosfinances souffrent, votre change, déjà si bas, va baisser encore,et votre commerce s’interrompre. Et pourquoi tout cela ?Vous ai-je demandé quelque chose? Ai-je élevé des préten-tions sur une seule de vos provinces? Le traité de Presbourg >a tout réglé entre les deux empires; la parole de votre maître,dans l’entrevue que nous avons eue ensemble, doit avoir toutterminé entre les deux souverains. Il restait quelques arran-gements à prendre au sujet de Braunau, qui était demeurédans nos mains, au sujet de l’Izonzo dont le thalweg n’étaitpas suffisamment déterminé, la convention de Fontainebleauy a pourvu (convention du 10 octobre 1807). Je ne vousdemande rien, je ne veux rien de vous, que des rapports sûrset tranquilles. Y a-t-il une difficulté, une seule entre nous?faites-la connaître pour que nous la vidions sur-le-champ. —M. de Metternich ayant de nouveau affirmé que son gouverne-ment ne songeait à aucune attaque contre la France, et allé-