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LIVRE XXXII.
Août 1808.
Disposition.depuisle desastrede Ba.vlen, àvoir partoutdes niassesimmensesd'insurgds.
imprévus. Quant à la distribution générale des forces, il avaitprescrit les dispositions suivantes (voir la carte n° 43). Con-sidérant l’Aragon et la Navarre comme un théâtre d’opérationsséparé, qui avait sa ligne de retraite assurée sur Pampelune,il avait ordonné d’y former une masse distincte de 15 à 18mille hommes, chargée de couvrir la gauche de l’armée, degarder Tudela, qui était la tête du canal d’Aragon, et d’y ras-sembler un immense matériel d’artillerie pour la reprise ul-térieure du siège de Saragosse. Plaçant ensuite en "Vieille-Castille, c’est-à-dire à Burgos, grande route de Madrid, lecentre des opérations principales, il avait ordonné de formerlà une autre masse de quarante à cinquante mille hommes,prêts à se jeter sur tout corps insurgé qui voudrait sc présen-ter , soit à gauche, soit à droite, et à l’accabler; car il n’y avaitaucune armée espagnole quelconque qui pût tenir devant trenteou quarante mille Français réunis. Il avait, enfin, recommandéd’attendre dans cette attitude imposante l’arrivée des renforts,et sa présence qu’il espérait rendre prochaine.
Tout cela, aussi profondément conçu que clairement in-diqué dans les instructions de Napoléon, n’était compris depersonne à Vittoria, et autour de Joseph on passait le tempsà s’effrayer des moindres mouvements de l’ennemi, et à voirpartout des insurgés par centaines de mille. Ainsi, depuis laretraite du maréchal Bessières, le général Blake avait reparuavec une vingtaine de mille hommes dans la Vieille-Castille,et on lui en donnait 40 à 50 mille. Depuis la capitulation deBaylen, le général Castanos s’avançait lentement sur Madridavec environ 15 mille hommes, et on le supposait en marchesur l’Èbre avec 50. Enfin, les Valenciens et les Aragonais pou-vaient compter sur 18 à 20 mille hommes, et on leur en prê-tait 40. On se croyait donc en présence de 130 à 140 milleennemis assez habiles et assez redoutables pour faire capitulerdes armées françaises, comme à Baylen; et quand ces exagéra-tions étaient réduites à leur juste valeur par des renseignements