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plus précis, on s’excusait sur la difficulté d’être exactementinformé en Espagne. — La vérité à la guerre, leur répondaitNapoléon, est toujours difficile à connaître en tout temps, entous lieux, mais toujours possible à recueillir quand on veuts’en donner la peine. Vous avez une nombreuse cavalerie, et lebrave Lasalle; lancez vos dragons à dix ou quinze lieues à laronde; enlevez les alcades, les curés, les hahitants notables, lesdirecteurs des postes; retenez-les jusqu’à ce qu’ils parlent,sachez les interroger, et vous apprendrez la vérité. Mais vousne la connaîtrez jamais en vous endormant dans vos lignes.
Ces grandes leçons étaient perdues, et les complaisants deJoseph continuaient à peupler l’espace d’ennemis imaginaires.Dans les derniers jours d’août notamment, les Aragonais, lesValenciens, les Catalans, sous le comte de Montijo, s’étantprésentés aux environs de Tudela, le maréchal Moncey, quiétait fort intimidé depuis sa campagne de Valence, avait cruvoir fondre sur lui tous les insurgés de l’Espagne, et il s’étaitpressé de prendre une position défensive, en demandant àgrands cris des secours. Le général Lefebvre -Desnoettes,remplaçant le général Verdier, blessé à l’attaque de Saragosse,s’était aussitôt porté en avant. Il avait traversé l’Èbre à Alfaroavec ses lanciers polonais, et avait mis en fuite tout ce quis’était offert à lui, montrant ainsi ce que c’était que cetteredoutable armée d’Aragon et de Valence.
Cette singulière aventure, en couvrant de confusion lesgens effrayés, avait contribué à ramener les esprits à une plusjuste appréciation de l’ennemi qu’on avait à combattre. Joseph,enhardi par ce qu’il venait de voir, par les lettres sévères deParis, s’était imaginé alors d’imiter les grandes manœuvresde son frère, et, établi à Miranda comme dans un centre, ilméditait de courir d’un corps ennemi à l’autre, pour les battresuccessivement, ainsi que l’avait souvent pratiqué Napoléon.Les Espagnols prêtaient un peu, il est vrai, à une telle com-binaison, car le général Blake, avec les insurgés de Léon, des
Août 1803.
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Frdtentionde Josephd'imiterles grandesmanœuvresde Napoléon,