ERFURT.
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une vingtaine de millions provenant de la contribution de Sept. 180S -l’Autriche, mais absorbés par quelques prêts accordés, soit àdes villes, soit à l’Espagne elle-même. Ainsi les ressourcesprésentes étaient fort limitées, puisque les 140 millions sti-pulés par la Prusse en lettres de change et titres fonciers nedevaient être versés que successivement, et dans un espacede dix-huit mois. ” Il est vrai que les recettes du trésor ren-traient avec une extrême facilité, que la caisse de service re-gorgeait d’argent, grâce au crédit dont elle jouissait ; que,d’après le règlement conclu avec la Prusse, la grande arméeétait soldée en entier pour toute l’année 1808, et que, si leterme des ressources pouvait se faire apercevoir, rien encorene sentait la gêne. Napoléon n’en avait pas moins porté, parla guerre d’Espagne, un coup aussi sensible à ses financesqu’à ses armées, car les unes comme les autres allaient s’af-faiblir en se divisant.
Il résultait de cette fatale guerre une charge nouvelle, que de rentésNapoléon avait voulu assumer sur lui par des raisons poli- pai^âpollontiques fort controversables, et fort controversées avec son le cours
des effets
ministre du trésor, M. Mollien. Bien qu’il mit un grand soin à publics,dérober au public la connaissance des événements d’Espagne,jusqu’à cacher même les victoires, afin de mieux laisser ignorerles défaites, on arrivait, toutefois, à les connaître, soit par lesjournaux anglais, dont il pénétrait toujours quelques-unsmalgré la police la plus vigilante, soit par les lettres des offi-ciers à leurs farrfîlles, écrites comme de coutume d’après lesimpressions exagérées du moment. On finissait ainsi parapprendre les faits principaux, et on savait qu’une arméefrançaise avait été malheureuse en Andalousie, qu’une flotteavait capitulé à Cadix, que Joseph, après être entré à Madrid,se trouvait aujourd’hui à Vittoria. Or, ce sont les résultatsgénéraux qui importent bien plus que les détails, et, en dé-finitive , il était généralement connu que l’entreprise essayéesur la couronne d’Espagne, au lieu d’être, comme on l’avait