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[Vol. 5.]
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ERFURT.

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Mais il 11 ’était pas homme à reculer devant cette nouvelleespèce d’ennemis, et il résolut de lutter contre eux. — Jeveux, dit-il à M. Mollien, faire une campagne contre les bais-siers; — car ce triste jargon de l’agiotage était aussi connu alorsqu’aujourd’hui. Il suffit, en effet, d’avoir traversé une révo-lution pour qu’il devienne vulgaire, l’agiotage n’ayant pas deplus vaste champ que les révolutions pour s’exercer. Napo-léon voulut donc, malgré M. Mollien, dont l’esprit habitué auxprocédés réguliers répugnait aux expédients, ordonner desachats extraordinaires de rentes, afin de relever les fondspublics. Il eut recours pour cela au trésor de l’armée, qu’ilcroyait inépuisable, comme il croyait invariable dans sesfaveurs la victoire qui avait rempli ce trésor. En conséquence,il prescrivit des achats considérables pour le compte du trésorde l’armée, indépendamment des achats de la caisse d’amor-tissement, alors rares et peu réguliers, et pensa faire en celaune chose aussi avantageuse à l’armée qu’aux créanciers del’État eux-mêmes. Pour l’armée, il se procurait des placementsdonnant un intérêt de 6 ou 7 pour cent, et pour les créanciersde l’État, il maintenait la valeur de leur gage à un taux suffi-sant. Il n’y avait, du reste, en se reportant aux habitudes del’époque, pas beaucoup à reprendre à cette manière d’opérer,car alors on n’avait pas encore appris à penser que les achatsde l’État doivent être constants et quotidiens comme unefonction régulière, et non accidentels comme une spéculation.

Napoléon, n’ayant pas sous la main les fonds de l’armée,ordonna à la caisse de service de faire les avances, et cettecaisse avança jusqu’à 30 millions pour des achats de rentes.Il ne s’en tint pas là. 11 y avait à la Banque, depuis l’émissionde ses nouvelles actions, des capitaux oisifs, dont elle ne trou-vait point l’emploi, l’escompte ne se développant pas en pro-portion du capital que Napoléon avait voulu lui constituer.Au taux de la rente, c’était un placement d’environ 7 pour100, présentant par conséquent plus d’avantages que l’es-

Sept. 1808.Lutte

victorieusede Napoléoncontreles spécula-teurs àla baisse.

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des achatsde rentes parla Banquede France,