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[Vol. 5.]
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LIVRE XXXII.

Sept. 1608.

Résultatde ia luttefinancièrede Napoléoncontreles spécula-teurs àla baisse.

compte lui-méme. Napoléon exigea que la Banque achetâtdes rentes pour une forte somme; ce qu’elle fit avec docilité,et ce qui du reste était conforme à ses intérêts bien entenduscomme à ceux de l’Etat, aucun placement ne pouvant être ence moment aussi avantageux que celui qu’on lui prescrivait.Par ces achats combinés, exécutés résolument, opiniâtrément,pendant un mois ou deux, les spéculateurs à la baisse furentvaincus, plusieurs même ruinés, et les fonds publics remontè-rent à 80, taux auquel Napoléon attachait l’honneur de songouvernement. Au-dessus était à ses yeux la prospérité exu-bérante, que ses victoires devaient bientôt rendre à l’Empire ;au-dessous était un signe de déclin qu’il ne voulait passouffrir. Il décida qu’à chaque mouvement des fonds au-dessous de 80, le trésor recommencerait ses achats. Aussi,malgré toutes les tentatives des joueurs à la baisse, espèce dejoueurs la pire de toutes, car elle spécule sur l’appauvrisse-ment de la fortune publique, les cours se maintinrent par lapuissance de ce singulier spéculateur, qui avait à sa dispositionles ressources réunies du trésor et de la victoire. H fut joyeuxde ce succès comme d’une bataille gagnée sur les Russes ousur les Autrichiens. — Voilà les baissiers vaincus, dit-il àM. Mollien. Ils ne s’y essaieront plus, et en attendant nousaurons conservé aux créanciers de l’État le capital auquel ilsont le droit de prétendre, car 80 est celui sur lequel je veuxqu’ils puissent compter; et de plus nous aurons opéré debons placements pour la caisse de l’armée. — Puis il fit donnerquelques recettes particulières à plusieurs des vaincus de celteguerre financière. C’était toutefois un singulier symptôme, etdigne d’observation, que cette lutte ouverte que les spécula-teurs livraient à la politique de Napoléon, quand l’opinioninquiète se bornait encore à de sourdes rumeurs. Que n’écou-tait-il cette leçon, si peu élevée qu’en fût l’origine, car lavérité est bonne et salutaire d’où qu’elle vienne!

Ces soins de tout genre avaient absorbé la fin d’août et