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[Vol. 5.]
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LIVRE XXXII.

Sept. 1808.

Préparatifsde l’empereurAlexandrepour se rendreà Frfurt.

Personnages

que

l'empereurAlexandreamèneà Frfurt.

comme faveur insigne des délais plus longs pour l’acquitte-ment des 140 millions restant encore à solder. Elle espérait lesobtenir de l’intervention personnelle et directe de l’empereurAlexandre à Erfurt; car tout le monde espérait ou craignaitquelque chose de cette fameuse entrevue, annoncée dansl’Europe entière, et devenue l’objet de tous les entretiens. Lesuns la niaient, les autres l’affirmaient, chacun suivant sesdésirs. D’autres y ajoutaient des souverains, tels que le roi dePrusse, ou l’empereur d’Autriche, qui n’y avaient pas étéinvités ; car, en dehors des souverains de France et de Russie,on n’avait appelé ou accueilli dans leur désir d’y être admis,que les princes dont on attendait des hommages et un accrois-sement d’éclat.

Au milieu de ces discours contradictoires des curieux etdes oisifs, ce qu’il y avait de vrai, c’est qu’en effet l’entrevueallait avoir lieu le 27 septembre à Erfurt, à quelques lieuesde Weimar. L’empereur Alexandre, après l’avoir tant sou-haitée, ne pouvait la refuser quand on la lui offrait. Ses affairesla lui permettaient d’ailleurs, et la lui commandaient même,car les choses commençaient à se passer mieux en Finlande ;les Anglais avaient quitté la Baltique, et les événements seprécipitaient en Orient. Il avait donc accepté avec joie l’oc-casion offerte de revoir Napoléon, et d’obtenir enfin de lui laréalisation de tout ou partie de ses vœux les plus chers. M. deRomanzoff, plus ardent que lui, s’il était possible, à poursuivrel’accomplissement des mêmes désirs, avait approuvé toutautant que son maître cette importante entrevue, et devait l’yaccompagner. Outre M. de Romanzoff, Alexandre avait résolud’amener avec lui son frère, le grand-duc Constantin, à titrede militaire, puis le premier officier de son palais, M. de Tols-toy, frère de l’ambassadeur de Russie à Paris, et avec cesdeux personnages quelques aides-de-camp. Il avait voulu,pour se faciliter les relations avec la cour impériale de France,que M. de Caulaincourt, qu’il avait contracté l’habitude de voir