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LIVRE XXXII.
sept. 1808. et de M. de Romanzoff, Napoléon discuta successivementles divers plans de partage proposés, et, pour amener plusfacilement l’empereur Alexandre à ses vues, se montra, cequ’il avait toujours été, péremptoire sur l’article de Constan-tinople, c’est-à-dire sur la possession des détroits, et ne laissapas la moindre espérance d’une concession à ce sujet. Ensuite,il exposa la difficulté pour la Russie elle-même de se livrer sur-le-champ à l’exécution d’une telle entreprise. L’Autriche n’yaccéderait certainement pas, quelques offres qu’on lui fit, etelle aimerait mieux une lutte désespérée qu’un partage del’empire turc. L’Angleterre, l’Autriche, la Turquie soulevéejusque dans ses fondements, l’Espagne, une partie de l’Alle-magne, s’uniraient pour combattre une dernière fois contrece remaniement du monde entier. Était-ce bien l’heure quedevaient choisir les deux empires pour une œuvre aussi gigan-tesque? La Russie rencontrait des obstacles dans la Finlande,qui, comme l’Espagne, avait paru au premier abord si facileà soumettre. Elle avait une armée sur le Danube, suffisantesans doute pour tenir tète aux Turcs, mais non dans le casd’un soulèvement national de leur part; il lui restait enfintrès-peu de forces vis-à-vis l’Autriche. 11 faudrait donc queNapoléon à lui seul fit face à l’Autriche, à l’Angleterre, à l’Es-pagne, aux portions de l’Allemagne qui essaieraient de s’agiter.Il le pouvait sans nul doute, car il se trouvait en mesure d’ac-cabler tous ses ennemis; mais était-il sage d’entreprendre au-tant à la fois, et pourquoi d’ailleurs? Pour un but chimériqueà force d’être vaste, et sur lequel les deux empires ne pou-vaient parvenir à s’entendre eux-mêmes. N’y avait-il pasquelque chose de plus simple, de plus pratique, de plus cer-tainement satisfaisant? Ne pouvait-on pas, par exemple, con-venir de quelques acquisitions, très-indiquées d’avance, qu’ilne serait pas difficile de faire admettre par la diplomatie eu-ropéenne, même sans sortir des moyens pacifiques, et quiconstitueraient déjà le plus brillant, le plus inespéré des ré-