ERFURT.
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Constantinople. Napoléon avait donc atteint son but de con-tenter Alexandre par un don restreint mais immédiat, presqueautant que par des perspectives magnifiques mais douteuses.C’est à convenir de ces points qu’avaient été employés leshuit ou dix premiers jours de l’entrevue. Aussi, quoiqu’uneextrême courtoisie eût sans cesse régné dans leurs rapports,les deux souverains cependant se manifestèrent à partir dece moment une satisfaction toute nouvelle. Alexandre surtoutsemblait mettre de l’affection dans la politique; il se montraità la promenade, à table, au spectacle, familier, amical, dé-férent, enthousiaste pour son illustre allié. Quand il parlaitde lui, c’était avec un senliment d’admiration dont tout leinonde était frappé.
Erfurt était devenu le rendez-vous de souverains le plusextraordinaire dont l’histoire fasse mention. Aux empereursde France et de Russie, au grand-duc Constantin, au princeGuillaume de Prusse, au roi de Saxe, s’étaient joints les roisde Bavière et de Wurtemberg, le roi et la reine de West-phalie, le prince Primat, chancelier de la Confédération, legrand-duc et la grande-duchesse de Bade, les ducs de Hesse-Darmstadt, de Weimar, de Saxe-Gotha, d’Oldembourg, deMecklembourg - Strélitz et Mecklembourg-Schwerin, et unefoule d’autres qu’il serait trop long d’énumérer, avec leurschambellans et leurs ministres. Ils dînaient chaque jour chezl’Empereur, assis chacun à son rang. Le soir bn allait auspectacle, dans une salle de théâtre que Napoléon avait faitréparer et décorer pour cette solennité. La soirée s’ache-vait chez l’empereur de Russie. Napoléon s’étant aperçuqu’Alexaudre éprouvait quelque difficulté à entendre, à causede la faiblesse de son ouïe, avait fait disposer une estradeà la place que l’orchestre occupe dans les théâtres modernes,et là les deux empereurs étaient assis sur deux fauteuils quiles mettaient fort en évidence. A droite, à gauche, étaientrangés des sièges pour les rois. Derrière, c’est-à-dire au par-
üetob. 1808 .
îles deux sou-verains, aprèsleur accordsur le fonddes choses.
Nouvelleaffluencede princeset de grandspersonnages àErfurt.