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[Vol. 5.]
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LIVRE XXXII.

Octob. 1808. terre, se trouvaient les princes, les ministres, les généraux;

ce qui a donné lieu de dire si souvent qu’à Erfurt il y avaitun parterre de rois. On avait représenté Cinna; on représentaAndromaque, Britannicus, Mithridate, OEdipe. A cette dernièrereprésentation, un fait singulier frappa l’auditoire d’étonne-ment et de satisfaction. Alexandre, tout plein du nouveaucontentement que Napoléon avait eu l’art de lui inspirer,donna à celui-ci une marque de la plus douce, de la plusaimable flatterie. A ce vers d’OEdipe : L’amitié d’un grandhomme est un bienfait des dieux, Alexandre, de manière à êtreaperçu de tous les spectateurs, saisit la main de Napoléon,et la serra fortement. Cet à-propos causa dans l’assistance unmouvement de surprise et d’adhésion unanime.

Il était arrivé à Erfurt un personnage que tous ces té-Atrivée moignages, que tout cet éclat agitaient, tourmentaient, rem-3I 'roiMstre’ plissaient d’une anxiété profonde : c’était M. de Vincent, re-et'Vo^attitmie présentant de la cour d’Autriche. Son maître l’avait envoyé,a Eifurt. en a pp arence pour complimenter les deux grands souverains

venus si près de son empire, en réalité pour observer ce quise passait, pénétrer s’il était possible le secret de l’entrevue,et se plaindre, avec convenance du reste, de ce que l’Autricheeût été négligée, donnant assez clairement à entendre que sion eût invité l’empereur François, il se serait empressé devenir, que sa présence n’aurait pas diminué l’éclat de l’en-trevue, et que son adhésion n’aurait pas nui à l’accomplisse-ment des résolutions qui pouvaient y être prises.

Napoléon avait tracé d’avance la conduite à tenir à l’égardde l’envoyé autrichien. D’abord, pour que les secrets de l’en-trevue fussent bien gardés, ils avaient été renfermés entrequatre personnages, les deux empereurs et leurs deux mi-nistres, MM. de Romanzofï et de Champagny. Alexandre etM. de Romanzoff par l’intérêt de leur ambition, Napoléon parl’intérêt de sa politique tout entière, M. de Champagny parune discrétion à l’épreuve, étaient incapables de laisser échap-

Profondsecret gardéà l'égardde

M. de Vincent.