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[Vol. 5.]
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LIVRE XXXII.

octob. 1808. triche, de la Turquie, des chances pour une nouvelle lutte,qui la disposeraient à refuser la paix. Au contraire, en atten-dant quelques semaines seulement, on pourrait entraînerl’Angleterre à négocier. Une fois engagée dans la négociation,il ne lui serait plus aussi facile d’en sortir, le public anglaisdevant souhaiter la fin de la guerre; et quand enfin on luirévélerait la dernière condition, celle de laisser à la Russieles deux provinces que cette puissance possédait de fait, ilétait douteux qu’amenée aux idées de paix, elle revînt auxidées de guerre pour une question à laquelle elle ne prenaitpas personnellement un grand intérêt. C’est dans cette clauseadditionnelle que consistait la difficulté, c’est-à-dire dans cedélai de quelques semaines auquel on voulait condamnerl’impatience russe.

L’empereur Alexandre s’en était reposé à cet égard surdPrStfon son v i eux ministre, dont l’ardeur égalait au moins la sienne.Tes'deux M. de Champagny s’étant abouché avec M. de Romanzoff, lemmistrcs. j rouya déposé à consentir à tout sans aucune hésitation; maisquand on en fut à la précaution demandée, celle de différerles communications à la Porte, il devint intraitable. Un nou-veau délai, après quinze mois d’attente depuis Tilsit, ne sepouvait supporter, suivant M. de Romanzoff. Il y avait quinzemois que la France faisait des promesses à la Russie sans luirien accorder, et l’obligeait ainsi à rester envers les Turcsà l’état d’armistice. Sans les instances de la France, disaitM. de Romanzoff, on aurait déjà marché sur les Balkans, etréduit la Turquie à céder les provinces qu’elle n’était pluscapable ni de retenir, ni de gouverner. Tout ce qu’on avaitretiré de l’union de Tilsit, c’était cette gêne imposée à l’actionrusse, et on en avait trop souffert pour vouloir s’y soumettreencore. On n’était même venu de si loin, de Saint-PétersbourgàErfurt, malgré beaucoup d’oppositions, de sinistres pronos-tics et de grands sacrifices de dignité, que pour faire cesserun statu quo désolant.