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LIVRE XXXIX.

Octob. 1806.

Lcr deuxministresne pouvants'entendre surla rédactionde

la conventionproposée,attendentle retourdes deuxmonarques.

Voyagede Napoléonet

d'Alexandre àWeimar.

se joignait à l’ardeur du désir, et que M. de Romanzoff crai-gnait qu’on ne voulut leurrer lui et son maître par une nou-velle remise. M. de Chainpagny, voyant qu’il attachait à cetteacquisition la gloire de ses derniers jours, qu’il serait plus exi-geant qu’Alexandre lui-même, crut devoir attendre le retour desdeux monarques, et laisser l’empereur des Français exercerson ascendant personnel sur l’empereur de Russie, pour ob-tenir de lui l’admission dans le traité d’une précaution quiétait jugée indispensable.

Les deux empereurs, avec toute leur suite de rois et deprinces, s’etaient rendus à Weimar pour y rester pendant lesjournées du 6 et du 7 octobre, et revenir le 8 à leurs impor-

je n'ai pu l'ébranler. Celui qui est prêt à saisir une proie qu’il a long-tempsconvoitée, est sourd à toutes les raisons qui peuvent retarder sa jouissance.Il y a trente ans que M. de Romanzoff a rêvé celte acquisition ; c’est letriomphe de son système ; là est sa réputation et son honneur. Tout autreintérêt loi paraîtra faible auprès de celui-là. L'empereur Alexandre, qu'aucunmotif personnel ne pousse, et à qui tous les intérêts de son empire sont éga-lement chers, doit être beaucoup pins accessible à la force des raisons qui,pour son intérêt, lui prescrivent de retarder, non pas une jouissance, maisune simple prise de possession d’une province qui ne peut lui échapper. Jene suis donc convenu de rien avec M. de Romanzoff; quand même j’y auraisété autorisé, je n’étais pas plus disposé qne lui à céder, et je regarde commeinutile de lui en parler encore avant l’arrivée de Votre Majesté. Sur le restenous sommes à peu près d'accord. » Signe Champagny. »

» SlRB,

Erfort, le 8 octobre 1808.

» Deux heures de conférence avec M. le comte de Romanzoff n'ont amenéaucun résultat. Son système paraît irrévocablement arrêté: il vent les pro-vinces turques; il les veut à tout prix; il les veut aujourd’hui plutôt quedemain. Ses objections sont moins contre l’article VI, dont Votre Majestéveut maintenir la rédaction, que contre l’addition qu’elle propose à l’ar-ticle VII du contre-projet, et qui consiste en ces mots :

« Il ne sera donné aucun éveil à la Porte sur les intentions de la Russie» qu’on n’ait connu l'effet des propositions faites par les deux puissances» à l’Angleterre. »

» Ces mots effarouchent beaucoup M. de Romanzoff. Aucun délai ne luiparaît admissible, et surtout un délai indéterminé. — Quand, comment con-