ERFURT.
261
tantes affaires. Entre Erfurt et Weimar se trouve la forêt Octob. isos.d’Ettersbourg. Le grand-duc de Weimar y avait fait préparer Fête qu’onune ligne de pavillons élégants pour tous ses visiteurs cou- leur d ° nne 'ronnés. Celui des empereurs et des rois, placé au centre, étaitmagnifique. Devant ces pavillons devait passer une masseimmense de gibier, cerfs, daims, lièvres, retenus dans desfilets, et obligés pour s’enfuir d’essuyer le feu des hôtes con-viés à cette fête. Alexandre n’avait jamais tiré un coup defusil, tant était douce la nature de ses goûts. 11 abattit cepen-dant un cerf, et il en tomba une multitude d’autres sous lescoups de cette illustre compagnie de chasseurs. Une réceptionsomptueuse attendait à Weimar les deux empereurs. Aprèsun repas splendide, un bal réunit la plus brillante société alle-
naitra-t-on, dit-il, l’effet de ces propositions? Un premier résultat ne met-tra-t-il pas dans le cas d’en attendre un second, celui-ci un troisième, et notrearrangement avec la Turquie ne sera-t-il pas continuellement ajourne"? Il ap-pliquait ce raisonnement à tout. Si je lui parlais des ménagements dus auxFrançais établis dans le Levant, il me demandait : Mais voulez-vous atten-dre qu'ils soient revenus en France? Quand pourront-ils y revenir? La paixavec l’Angleterre lui parait difficile, et c’est pour cela qu’il ne veut pas ysubordonner la paix avec la Turquie. 11 m’a parlé aussi de la nécessité defrapper l’opinion des Russes par la certitude de cette importante acquisi-tion, et m’a paru avoir quelques craintes si tel n'était pas le résultat duvoyage de l’empereur Alexandre. On m’a plutôt laissé deviner ces craintesqu’on ne me les a montrées; mais le sentiment qui perçait à chaque mot étaitcelui de la défiance, défiance des événements, défiance aussi de nos inten-tions. C’est d’après cela qu’il mettait moins d’importance à l’article VI. Peului importe, en effet, de quelle manière cet article prononce le consentementde la France aux acquisitions de la Russie, si l’article suivant permet à celle-ci d’agir et de marcher à son but. C’est encore pour cela qu’un délai indé-terminé l’effraie davantage : il craint d’exposer à des chances un avantagequi lui parait presque acquis dans ce moment. Il consentirait plutôt à undélai dont le terme serait fixé. Il veut que tout soit précis. « Le vague des» articles de Tilsit, dit-il, nous a fait trop de mal; une année a été perdue.
» et tel est encore l’unique résultat de notre alliance avec vous.»
» Cette obstination de M. de Romanzoff n’est pas le produit du moment.
Elle tient à de longues réflexions qui n’ont eu qu’un but, h une attente irapatiemment supportée, enfin à l’opinion que dans le moment actuel lien nepeut s’opposer à l’exécution des vues de la Russie. Je désespère de la vaincre.
» Je suis avec respect, etc. Signé Ciiaupagîsï, »