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[Vol. 5.]
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LIVRE XXXII.

Octob. 1806.

PourcontenterAlexandre,Napoléonaccordeà la Prusseun nouvelallégementsur ses contri-butions.

de l’alliance russe, pour la paix comme pour la guerre. Aussi,malgré le besoin qu’il avait d’argent, ne refusa-t-il pas d’ac-corder une nouvelle réduction des charges imposées à laPrusse. On avait stipulé par la convention du 8 septembrel’évacuation définitive du territoire prussien, sauf trois placesde sûreté, Steltin, Cuslrin, Glogau, et moyennant 140 millionspayables en deux ans. Le roi de Prusse, en signant avecempressement cette convention, qui lui valait la délivrance deson territoire, avait dit qu’il ne renonçait pas néanmoins àimplorer de la générosité de son vainqueur l’allégement d’unecharge que son pays était dans l’impossibilité de supporter.Lui et la reine avaient supplié Alexandre de profiter de sonentrevue avec Napoléon, pour leur faire obtenir encore unsoulagement. Alexandre, dont le cœur était oublieux, maisbon, avait promis ce qu’on souhaitait, et il lui en eût coûté dene pas réussir. Le don des bouches du Danube aurait perduà ses yeux quelque chose de son prix, si en retournant versle Nord il avait dû retrouver des reproches écrits au front deses malheureux alliés. Il avait demandé à Napoléon une ré-duction de 40 millions sur 140, et la substitution d’un délaide plusieurs années à celui de deux ans pour l’acquittementde la somme totale. 11 avait même rédigé de sa main la lettrepar laquelle Napoléon devait lui annoncer cette concession,en l’attribuant à son intervention personnelle et pressante.Napoléon savait que c’était l’une des manières les plus sensi-bles d’obliger l’empereur Alexandre, et, après avoir opposé au-tant de résistance qu’il le fallait pour faire apprécier le sacrificequ’il accordait, sacrifice réel dans l’état de ses ressources finan-cières, il consentit à une réduction de 20 millions sur la somme,et à une prolongation d’une année pour le terme du payement.Ainsi, au lieu de 140 millions en deux ans, la Prusse ne dutpayer que 120 millions en trois ans, moitié en argent, moitié enlettres foncières. La lettre rédigée par Alexandre, remaniée parNapoléon, fut écrite à peu près comme elle avait été proposée.