Band 
[Vol. 5.]
Seite
267
JPEG-Download
 

ERFURT.

267

pour l’alliance de la France, il n’eût consenti à donner sa sœurà Napoléon, et qu’unie au vainqueur de l’Europe il la crûtmésalliée. Mais il entrevoyait et redoutait une lutte avecsa mère, et il n’osait offrir ce qu’il craignait de ne pouvoirdonner.

Napoléon, ne connaissant pas le secret de cette discrétionobstinée, était près de concevoir du dépit, et même de lemanifester, malgré l’intérêt immense qu’il avait à paraître toutà fait d’accord avec l’empereur Alexandre. C’était pour unetelle occurrence, et pour celle-là seulement, que M. de Talley-rand devenait utile à Erfurt; car, s’il était capable de livrerà M. de Vincent les secrets du cabinet, et si par ce motif Na-poléon ne lui en laissait savoir qu’une partie *, il était le seulcapable aussi d’insinuer avec art ce qu’on ne voulait pas dire ;et pour parler mariage avec la dignité convenable entre lesdeux plus grands potentats de l’univers, on ne ppuvait assu-rément trouver un entremetteur plus habile.

L’Empereur eut donc recours à lui pour décider Alexandreà une ouverture qu’il ne voulait pas faire lui-même. M. de Tal-leyrand, qui appréhendait de jouer un rôle dans les démêlésde la famille impériale, par crainte d’être brouillé avec lesuns ou avec les autres, n’avait aucun goût à se mêler d’undivorce plus ou moins prévu par tout le monde, et devenu untexte fréquent de conversation chez les discoureurs politiques.Napoléon, pour l’amener malgré lui à ce sujet, s’y prit d’unemauière singulière. — Vous savez, lui dit-il, que Joséphinevous accuse de vous occuper de divorce, et vous a pour cetteraison voué une haine implacable? — M. de Talleyrand serécria fort contre une pareille calomnie. Napoléon lui répliqua

1 M. de Talleyrand, en effet, comme nous l'avons dit, savait d’une ma-nière générale qu'il s’agissait d’une convention qui fixerait les principes surlesquels reposerait l’alliance; mais il ignorait que le point principal, c’étaitle don de la Moldavie et de IaValachie, et surtout que le point contestéétait le délai de quelques semaines qu’on voulait imposer à la Russie avantée faire des démarches ouvertes relativement aux provinces cédées.

Octob. 180S.

Choixde M. deTalleyrand

S our faireirectemenfcles ouverturesque Napoléonne veutpas

faire directe-ment.