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[Vol. 5.]
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ERFUKT.

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sions qu’il avait de le rencontrer. Ce prince, qui avait la co-quetterie de vouloir plaire à tout le monde, surtout aux gensd’esprit, et à M. de Talleyrand plus qu’à tout autre, s’entre-tenait souvent et volontiers avec lui. M. de Talleyrand n’at-tendit pas l’à-propos, mais le fit naître; car les jours étaientcomptés, et il eut avec Alexandre la conversation désirée.Après s’être fort étendu sur l’alliance, qui formait à Erfurt lefond de tous les entretiens, M. de Talleyrand en vint à parlerdes moyens de la rendre plus solide et plus évidente, car ilfallait qu’elle fût l’un et l’autre pour arriver à être véritable-ment efficace. Le moyen semblait tout indiqué; c’était d’ajouteraux liens politiques les liens de famille; chose facile, puisqueNapoléon était obligé, pour l’intérêt de son empire, de con-tracter un nouveau mariage, afin d’avoir un héritier direct.Or, pour contracter un nouveau mariage, à quelle grandefamille pouvait-il plus convenablement s’unir qu’à celle quirégnait sur la Russie, et dont le chef était devenu son intimeallié? — Alexandre accueillit cette ouverture avec toutes lesmarques les plus flatteuses de bonne volonté pour Napoléon.Il protesta du désir personnel qu’il aurait de s’allier plusétroitement encore à lui; car, lorsqu’il en faisait son ami per-sonnel, il ne pouvait pas lui en coûter d’en faire un beau-frère.Mais ici il touchait aux limites de sa puissance. Quoi qu’onracontât à Saint-Pétersbourg de l’influence de sa mère, il était,dit-il à M. de Talleyrand, maître et seul maître, mais il l’étaitdes affaires de l’empire, et non de celles de sa famille. L’im-pératrice-mère, qui était une princesse sévère et digne derespect, exerçait sur ses filles une domination absolue, et n’encédait rien à personne. Or, si elle se taisait par déférence pourson fils sur la politique actuelle, elle n’allait pas jusqu’à l’ap-probation. Donner à cette politique un gage tel qu’une de sesfilles, envoyer cette fille sur le trône qu’avait occupé Marie-Antoinette, sur ce trône relevé, il est vrai, jusqu’à surpasserla hauteur de celui de Louis XIV, supposait de la part de sa

Octob. 1808 .

M. tle Tal-leyrandadresse àl’empereurAlexandrequelquesinsinuationsrelativement àune alliancede familleentre les deuxempires.

Réponse

d'Alexandre

aux

insinuationsde M. de Tal-leyrand.