Band 
[Vol. 5.]
Seite
274
JPEG-Download
 

274

LIVRE XXXII.

Octob. 1808.

Audience

de

conge' de M. deVincentet lettrede Napoléonà l’empereurd'Autriche.

Le seul personnage étranger à toutes ces distinctions étaitle représentant de l’Autriche, M. de Vincent. Malgré des effortsinouïs pour découvrir le secret de ce qu’on avait fait à Erfurt,il n’avait pu le pénétrer. Il savait qu’on avait échangé des té-moignages de tout genre, qu’on avait posé dans une conventionformelle les principes de l’alliance; mais le secret véritabledes acquisitions qu’on s’était concédées le uns aux autres, desnégociations qu’on allait entreprendre, il l’ignorait, et il sup-posait même beaucoup plus qu’il n’y avait. L’Empereur luiaccorda son audience de congé, en lui renouvelant ses remon-trances, et lui répéta que l’Autriche serait pour toujours laisséeen dehors des affaires européennes, tant qu’elle paraîtrait vou-loir recourir aux armes. 11 le chargea pour l’empereur de lalettre suivante, qui contenait toute sa pensée :

«Erfurt, le 14 octobre 1808.

» Monsieur mon frère, je remercie Votre Majesté impériale» de la lettre qu’elle a bien voulu m’écrire, et que M. le baron» de Vincent m’a remise. Je n’ai jamais douté des intentions» droites de Votre Majesté; mais je n’en ai pas moins craint» un moment de voir les hostilités se renouveler entre nous.» II est à Vienne une faction qui affecte la peur pour précipiter» votre cabinet dans des mesures violentes, qui seraient l’ori-» gine de malheurs plus grands que ceux qui ont précédé. J’ai» été le maître de démembrer la monarchie de Votre Majesté,» ou du moins de la laisser moins puissante; je ne l’ai pas» voulu. Ce qu’elle est, elle l’est de mon aveu. C’est la plus» évidente preuve que nos comptes sont soldés, et que je» ne veux rien d’elle. Je suis toujours prêt à garantir l’inté--) grité de sa monarchie. Je ne ferai jamais rien contre les prin-» cipaux intérêts de ses Etats, mais Votre Majesté ne doit pas» remettre en discussion ce que quinze ans de guerre ont ter-» miné. Elle doit défendre toute proclamation ou démarche» provoquant la guerre. La dernière levée en masse aurait