LIVRE XXXIIi.
Déc. 1608.
Forceslaisséesa Madridpour la gardede cettecapitale.
Mouvementdu maréchalLefebvrepour
se portersur
les derrièresdes Anglais.
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cheval, el une immense réserve d’arlillerie, pour joindre lemaréchal Ney, et accabler les Anglais si on parvenait à lesatteindre. Il emmenait ainsi une quarantaine de mille hommes;le maréchal Soult en pouvait rallier une vingtaine; c’était plusqu’il n’en fallait pour écraser les Anglais et les faire tous pri-sonniers en manœuvrant bien.
Napoléon confia au maréchal Victor le soin de garder Madridet Aranjuez avec les divisions Ruflin et Villatte, plus la divi-sion allemande Levai, que le maréchal Lefebvre n’avait pasconduite avec lui à Talavera. Il lui adjoignit en outre la divi-sion des dragons Latour-Maubourg, la plus nombreuse del’armée. Quant au maréchal Lefebvre, qui avait à Talavera labelle division française Sébastiani, une bonne division polo-naise, la cavalerie de Lasalle, et les dragons de Milhaud,c’est-à-dire 10 mille fantassins et 4 mille cavaliers excellents,il lui ordonna de partir de Talavera, où il avait eu le loisir dese reposer, de courir promptement au pont d’ÀImaraz sur leTage, d’enlever ce pont à l’armée d’Estrémadure, de la re-pousser au delà de Truxillo, de s’en débarrasser ainsi pourlong-temps, et puis de se dérober par sa droite pour se porterpar Placencia sur la route de Giudad-Rodrigo. Il était possibleen effet que si les Anglais, battus, mais non enveloppés, pre-naient pour se retirer le chemin du Portugal, on réussît à leurcouper la retraite par Ciudad-Rodrigo. 11 y avait donc beau-coup de chances de leur fermer le retour vers la mer. Quantà l’ancienne armée de Castanos, retirée à Cuenca, le maréchalVictor avec les divisions françaises Ruffin et Villatte, avec ladivision allemande Levai, avec les dragons Lahoussaye, étaitbien assez fort pour lui interdire toute tentative, si par hasardelle songeait à en faire une. En tout cas, des instructionsétaient laissées pour qu’au premier signal le maréchal Lefebvrefit un mouvement rétrograde vers Aranjuez et Madrid.
Napoléon ayant ainsi paré à tout, et se confirmant de plusen plus dans l’opinion qu’il s’était faite de la marche adoptée