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LIVRE XXXUl
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Destruction
par
le maréchalSoult
de l'arrière-garde
laissée au pontde Mansillapar le marquisde La Uomana.
parvinrent à s’échapper, mais une trentaine furent tués oupris, et lui-même, s’étant élancé dans la rivière le dernier,allait se noyer, vu que son cheval, frappé d’une balle, nepouvait plus le soutenir, lorsque deux Anglais le sauvèrenten le faisant prisonnier. Il fut amené comme un précieuxtrophée au général Moore. Le général anglais avait toute lacourtoisie naturelle aux grandes nations; il accueillit avec deségards infinis le brillant général qui commandait la cavalerielégère de Napoléon, le fit asseoir à sa table, et lui donna unmagnifique sabre indien. Le corps de bataille de l’armée an-glaise continua sa marche sur Astorga, où sir David Bairdavait déjà reçu l’ordre de se diriger.
Tandis que l’armée anglaise s’en tirait en faisant sauter lesponts, l’armée espagnole de La Romana, qui se conduisaitcomme on se conduit chez soi, n’avait pas détruit le pont deMansilla, jeté surl’Esla en avant de Méon, ainsi que celui deGastro-Gonzalo l’est sur la même rivière en avant de Bena-vente. La Romana, non moins pressé de s’enfuir que lesAnglais, avait cependant laissé une arrière-garde de troismille hommes au pont de Mansilla. Ce pont était sur la routedu maréchal Soult venant de Sahagun. Le 29, jour même dela mésaventure du général Lefebvre-Desnoettes, le généralFranceschi, commandant la cavalerie légère du maréchalSoult, aborda au galop le pont de Mansilla, qu’on n’avait paseu soin d’obstruer, culbuta une ligne d’infanterie qui gardaitce pont, le traversa à la suite des fuyards, attaqua et culbutaune seconde ligne d’infanterie qui était sur l’autre rive, luienleva son artillerie, tua ou blessa quelques centaines d’hom-mes, en prit 1,500 avec beaucoup de canons, puis sé portasur la ville de Léon, qu’il fît évacuer. La rivière de l’Eslaétait donc franchie sur tous les points, et, quoique les mon-tagnes de la Galice, dans lesquelles on pénètre après Astorga,présentassent de graves et nombreux obstacles, toutefois lavitesse de nos soldats permettait d’atteindre l’armée anglaise,