Band 
[Vol. 5.]
Seite
416
JPEG-Download
 

416

LIVRE XXXIII.

Janv, 1809.

Napoléonrenonce àpoursuivre lesAnglais lui-même , etlaisse ce soinau maréchalSoult, appuyépar

le maréchalNe y.

simple réalité (du moins à ce qu’elle croyait alors), et ce n’é-tait pas du prodige. Elle répétait toujours que si l’Autrichedevenait agressive, elle se joindrait aux Français pour l’enfaire repentir; mais la chaleur de ses démonstrations avaitperdu de sa vivacité; en tout cas elle serait trop occupée elle-même sur le bas Danube pour ne pas laisser exclusivementaux Français le Danube supérieur, et Napoléon devait s’at-tendre à ce que la tâche d’accabler l’Autriche, l’Allemagne,l’Angleterre, poserait sur lui seul comme par Je passé. Ilfallait donc qu’il employât janvier, lévrier, mars à préparerses armées d’Allemagne et d’Italie. C’était assez pour sa mer-veilleuse puissance d’organisation, quoique ce ne fût pastrop. Il reprit tout pensif le chemin d’Astorga. Sa préoccu-pation avait été visible au point de frapper ceux qui l’en-touraient.

Arrivé à Astorga, il changea tous ses projets. Il ne renon-çait pas, bien entendu, à faire poursuivre les Anglais l’épéedans les reins, mais il renonçait à les poursuivre lui-même.Il confia ce soin au maréchal Soult, qui, marchant par laroute de Léon, était plus rapproché d’Astorga que le maré-chal Ney, marchant par Benavente. Il plaça sous ses ordresles divisions Merle, Mermet, qui s’y trouvaient déjà, les divi-sions Delaborde et Ileudolet, qui composaient le corps de•lunot, et qui venaient de le rejoindre. La division Bonnet,formée de régiments provisoires, était restée dans les Astu-ries. Mais la division Merle (ancienne division Mouton), et ladivision Mermet étaient excellentes. Tout le corps de Junolavait été versé dans les deux divisions Delaborde et Ileudelel,et il était fort aguerri par sa dernière campagne de Portugal.La division Ileudelet demeurait encore en arrière, mais ladivision Delaborde avait rallié le maréchal Soult, et celui-ciavait ainsi sous la main trois belles divisions d’infanterie pré-sentant environ 20 mille hommes. Napoléon lui adjoignit lesdragons Lorge et Lahoussaye, qui avec la cavalerie Fran-