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[Vol. 5.]
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LIVRE XXXIII.

Janv. 1809.

Avantagesde la positionde Lugo.

Le maréchalSoult

passe troisjours devantla positionde Lugosansattaquer.

Vaincu, il essuyait en une seule fois tout le mal qu’il étaitexposé à essuyer en détail par cette retraite précipitée. D’ail-leurs à la guerre, quand la sagesse le conseille, le général doitbraver la défaite, comme le soldat doit braver la mort. Ilétait impossible, au surplus, de choisir un meilleur site quecelui de Lugo pour l’exécution d’un tel dessein. La ville, en-tourée de murailles, s’élevait au-dessus d’une éminence,laquelle se terminant à pic sur le lit du Minho d’un côté, étaitbordée de l’autre par une petite rivière vers laquelle elle allaiten s’abaissant. De nombreuses clôtures garnissaient cettepente, et en facilitaient la défense. Le général Moore rangeasur ce champ de bataille, et en deux lignes, les seize ou dix-sept mille hommes d’infanterie qu’il avait encore. Il disposason artillerie sur son front, et remplit de tirailleurs les nom-breuses clôtures qui couvraient le côté abordable de sa posi-tion. Il rappela à lui sa cavalerie qui marchait en tête depuisqu’on était entré dans la région montagneuse, et nous montraainsi environ vingt mille hommes établis de pied ferme enavant de Lugo. C’était tout ce qui lui restait des vingt-huit ouvingt-neuf mille hommes qu’il avait à Sahagun. Il en avaitenvoyé cinq à six mille, les uns sur Vigo, les autres en avant,et perdu environ trois mille.

Les Français, parvenus le 5 au soir devant Lugo, discer-naient à peine l’ennemi. Ils s’arrêtèrent vis-à-vis, à San-Juande Corbo, dans une position également forte, où ils pouvaient,sans perdre de vue les Anglais, attendre en sûreté le rallie-ment de tout ce qui était demeuré en arrière.

Le lendemain 6, les deux divisions Mermet et Dela-borde, qui suivaient la division Merle, arrivèrent en ligne,mais elles avaient laissé la moitié de leur effectif en ar-rière, et, outre cette masse de traînards, leur artillerie etleurs convois de munitions. Ce n’était pas dans cet étatqu’on devait songer à attaquer les Anglais, car on avaità leur égard la triple infériorité du nombre, des ressour-